Contraception : une équipe française met au point un stérilet masculin

15 mai 2026

La start-up STEOM, associée au CHU de Lille, a créé le tout premier stérilet masculin après plusieurs années de recherche. Posé en 15 minutes, efficace 3 ans, il pourrait être commercialisé dès 2033.

Pilule, stérilet, implant, anneau vaginal, patch, injection intramusculaire ; les méthodes contraceptives sont nombreuses pour les femmes. Les hommes disposent eux du préservatif, et éventuellement de la méthode du retrait, naturelle mais pas très efficace. La vasectomie, elle, est considérée comme une méthode irréversible. Quant à la méthode thermique, qui a pourtant prouvé son efficacité, les dispositifs restent encore très peu développés.

Une petite incision d’1 cm

Une start-up française, STEOM, a voulu changer la donne : développer l’offre en rétablissant, un peu, l’équilibre femme-homme dans la responsabilisation de la contraception. « Notre solution c’est STEOM, un stérilet pour homme, implantable, innovant, sans hormone, efficace et posé en 15 minutes en consultation par ma collègue », résume dans une vidéo réalisée pour le challenge inclusion du groupe Apicil Jessica Schiro, chargée de mission recherche au CIC-IT, laboratoire de l’Inserm installé au CHU de Lille (Nord). Sa collègue ? C’est Julie Prasivoravong médecin andrologue au CHU de Lille et au CH de Lens. « Cela se fait en ambulatoire, en une quinzaine de minutes, via une petite ouverture d’un centimètre au niveau du scrotum sous anesthésie locale, détaille l’andrologue auprès de nos confrères du PointPas besoin de pansements ni de points de suture, ça se referme tout seul ; ce n’est pas plus douloureux que la pose d’un implant chez la femme. Tout a été conçu pour que ce soit le plus simple et le moins gênant possible ».

Efficacité comparable à la vasectomie mais réversible

Concrètement, le stérilet permet une dérivation du trajet des spermatozoïdes au niveau des canaux déférents, détaille France 3 Hauts-de-France. Le sperme se déverse dans le scrotum, où il est dégradé naturellement par l’organisme. La promesse de STEOM ? Assurer une efficacité comparable à la vasectomie, d’une durée d’action de 3 ans, sans aucune atteinte à la sexualité, tout en garantissant une réversibilité sans équivoque.

Et la demande est là. Selon Epi-phares, l’incidence de la vasectomie est passée de 9,8 vasectomies pour 100 000 âgés de 20 ans à 70 ans en 2010 à 149,5 pour 100 000 hommes en 2022. Le dispositif STEOM, réversible, pourrait encourager encore plus d’hommes à sauter le pas. Le nombre d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) a lui aussi continué d’augmenter en France en 2024, selon les chiffres de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publiés en septembre 2025, avec 251 270 avortements en 2024 soit 7 000 de plus qu’en 2023. « Je voulais mettre au point une solution non hormonale, la plus low-tech possible. Mon ambition, c’est de permettre au plus grand nombre de gens possible d’accéder à la contraception », explique au Point Julie Prasivoravong.

D’ici 2030, l’équipe de STEOM espère réaliser la première implantation chez l’homme dans le cadre d’une étude clinique, avec à la clé une commercialisation, mais pas avant 2033.

  • Source : France 3 Hauts-de-France, Le Point, Groupe Apicil, Epi-Phares, Drees

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet

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