Cambodge: le riz enrichi favorise un parasite intestinal

[18 janvier 2016 - 09h46] [mis à jour le 18 janvier 2016 à 09h47]

Du riz enrichi en vitamines et minéraux donné à de nombreux enfants au Cambodge s’avère néfaste. Le type de fer utilisé dans cette supplémentation serait à l’origine d’un risque d’infection par un petit ver intestinal. Une équipe de l’Institut de Recherche et Développement (IRD) recommande de modifier la composition de cet aliment.

Une vaste étude menée auprès de 10 000 enfants au Cambodge révèle que la consommation de riz enrichi ou fortifié avec des vitamines et des minéraux double le risque d’apparition d’une infection parasitaire, due à un ver intestinal appelé ankylostome. Le riz en question est distribué dans les écoles primaires du pays via le Programme Alimentaire Mondial (PAM) dans le but de compenser une alimentation insuffisante en nutriments.

Or cette supplémentation semble avoir l’effet inverse : les enfants touchés par l’infection parasitaire souffrent d’une carence en fer avec un risque d’anémie et d’un retard cognitif, ainsi que d’un retard de croissance. En cause ? L’absorption par les enfants du fer utilisé dans le riz enrichi serait insuffisante. Par conséquent, en restant dans leur intestin, il bénéficierait au parasite.

Un fer mal absorbé

Pour vérifier leurs soupçons, les chercheurs de l’IRD ont suivi des enfants concernés pendant 6 mois. Au cours de cette période, les petits élèves ont reçu 6 fois par semaine, soit du riz blanc ordinaire (placebo), soit l’un des trois types de riz enrichi en vitamines (vitamine A, vitamine B12, vitamine B9) et minéraux (fer, zinc), administrés de manière classique dans le cadre des programmes alimentaires. Au terme de l’étude, les chercheurs ont observé que la proportion d’enfants infectés était doublée chez ceux ayant consommé l’un des trois types de riz fortifié, passant de 12% à entre 16% et 24% d’entre eux.

« Les travaux de recherche doivent de toute urgence permettre de sécuriser la supplémentation des aliments utilisés dans le cadre des programmes alimentaires dans le monde, en particulier grâce à un type de fer offrant une meilleure absorption », concluent les auteurs.

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