En France, 6 500 patients sont diagnostiqués pour un cancer gastrique chaque année. De mauvais pronostic, cette maladie plus connue sous le nom de cancer de l’estomac survient dans la majorité des cas après 50 ans. Et touche majoritairement des hommes. Comment le repérer ? Quelles prises en charge sont aujourd’hui proposées ? Le point à l’occasion du Cours européen Gastric Cancer : from bench to beside, organisé à Nantes les 17 et 18 juin à Nantes.

Il existe différentes formes de cancers de l’estomac : le lymphome gastrique affecte le système lymphatique, le sarcome touche les tissus musculaires. La tumeur stromale gastro-intestinale, elle, se forme dans les tissus de soutien du système digestif. Mais la majorité des cancers gastriques se traduisent par un adénocarcinome. Dans ce cas, la tumeur initiale peut rester plusieurs années localisée au niveau de la muqueuse de l’estomac, pour ensuite métastaser vers d’autres organes situés à proximité. C’est le cas du pancréas,  du colon et de la rate. En empruntant la voie vasculaire et lymphatique, les cellules cancéreuses peuvent aussi atteindre les ganglions lymphatiques et métastaser vers les poumons et le foie.

Quels symptômes ?

Le cancer gastrique se caractérise par des douleurs localisées dans la partie haute de l’abdomen, des nausées et vomissements à répétition, une perte d’appétit et une fatigue anormale. Autre symptôme caractéristique, une dysphagie (gêne éprouvée lors de l’ingestion d’aliments), des saignements gastro-intestinaux et une anémie chronique (difficulté de l’organisme à fixer le fer).

Après examen clinique, le diagnostic s’effectue par endoscopie de l’estomac et de l’œsophage. A ce stade, des biopsies viennent confirmer la nature tumorale des cellules. Un test respiratoire sous endoscopie est aujourd’hui réalisable, examen plus rapide et moins invasif. En cas de cancer avéré, un scanner thoraco-abdomino-pelvien évalue l’étendue de la maladie.

Un diagnostic précoce 

« La plupart du temps, les patients sont diagnostiqués à un stade tardif », regrette le Pr Danila Valmori, pharmacien chercheur à l’Institut de Cancérologie de l’Ouest (ICO) à Nantes (INSERM, unité UMR 1102).

Pourtant, lorsque la tumeur reste localisée dans la muqueuse de l’estomac, la moitié des patients sous traitement survivront à la maladie pendant plus de 5 ans. A un stade plus avancé en revanche, lorsque la tumeur a progressé vers le système lymphatique et d’autres organes, moins d’un patient sur dix survit plus de 5 ans.

Quels traitements ?

En cas de tumeur localisée, la chirurgie constitue le traitement de référence. Cette technique permet de retirer la totalité ou une partie de l’estomac (gastrectomie totale ou partielle). Lorsque les cellules tumorales sont localisées en superficie de l’estomac, une endoscopie chirurgicale* est proposée à la place de la chirurgie pour enlever la tumeur.

Pour les tumeurs locales mais avancées, les médecins ont recours à la radiothérapie et/ou à la chimiothérapie. La médecine dite de précision a aussi fait son entrée dans le traitement de la maladie. Ainsi, « différents protocoles de chimiothérapie associant un ou plusieurs médicaments peuvent ralentir voire arrêter la progression du cancer ». Enfin, à  un stade très avancé, la chimiothérapie dite palliative vient apaiser les douleurs.

*dispositif d’imagerie médicale muni d’une lampe et d’une petite caméra permettant au médecin d’explorer l’intérieur de l’organisme, et d’enlever les petites masses tumorales à l’aide d’une pince intégrée.

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