Chaque année, 12 000 personnes sont touchées par le cancer du pancréas en France. Et il est le seul cancer pour lequel le nombre de décès ne diminue pas. Méconnu du grand public, il risque même de devenir la 2e cause de mortalité par cancer d’ici 2020. Une raison bien suffisante pour braquer les projecteurs vers cette pathologie au pronostic sombre. C’est ce qu’ont décidé une série d’associations de patients au niveau mondial et la Fondation ARCAD en France en lançant la première édition de la journée mondiale dédiée à la maladie ce jeudi 13 novembre 2014.

Le cancer du pancréas est responsable de la mort de plus de 300 000 patients dans le monde chaque année. Il est le seul cancer dont le taux de mortalité est en augmentation. Et pourtant, les Français ont peu d’informations à son sujet. Dans le cadre de la journée mondiale lancée ce jeudi, une étude a été réalisée pour évaluer l’état de leurs connaissances.

Elle révèle notamment que 45% des Français estiment que le cancer du pancréas est rare ou assez rare, alors qu’il est aujourd’hui la 4e cause de décès par cancer dans l’Hexagone. Ils évoquent plus facilement le cancer du sein (70%) et celui du poumon (52%). Enfin, 2/3 des Français ne sont pas en mesure de citer les symptômes et 60% d’entre eux n’en connaissent pas les facteurs de risque.

Mieux connaître ses symptômes et facteurs de risque

Le cancer du pancréas est une tumeur maligne qui se développe au niveau du pancréas, glande située profondément dans l’abdomen, derrière l’estomac et jouant un rôle dans la digestion et dans la production d’hormones. Ses principaux facteurs de risque sont le tabac, le surpoids, l’obésité et certaines prédispositions génétiques.

Ce cancer est souvent de pronostic sombre car les symptômes apparaissent tardivement, lorsque la tumeur s’est développée en dehors de l’organe d’origine. Par ailleurs, ceux-ci ne sont pas spécifiques d’un cancer du pancréas et peuvent avoir d’autres causes. Il s’agit entre autres de douleurs fortes et persistantes derrière l’estomac ou au niveau du dos. Mais aussi de troubles de la digestion, d’une perte d’appétit, de nausées qui s’installent dans le temps pendant plusieurs jours voire semaines.

Pas assez de recherche

« Très peu de nouvelles molécules dans cette indication ont été découvertes depuis 1997, laissant plus de 100 000 patients en Europe avec des possibilités thérapeutiques limitées », souligne par ailleurs le Pr Pascal Hammel, gastroentérologue spécialisé en Cancérologie digestive, à l’hôpital Beaujon, à Clichy.

Cette journée a donc également pour objectif de faire progresser la recherche. Cette maladie augmente sensiblement et reste l’un des cancers les plus redoutables, risquant de devenir la 2e cause de mortalité par cancer d’ici 2020. Et pourtant, elle « attire moins de 2% des fonds de recherche attribués au cancer et accumule moins de 5% des rapports d’essais cliniques dans la littérature médicale », commente Mariella de Bausset, Secrétaire Générale de la fondation ARCAD. « Le cancer du pancréas ne doit pas rester une fatalité. »

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