Dépistage du cancer : les inégalités sociales persistent

19 février 2026

D’après une étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) publiée le 19 février, les personnes aux revenus modestes participent significativement moins aux programmes de dépistage des cancers.

Le cancer reste l’une des principales causes de mortalité en France. Malgré des programmes de détection précoce mis en place par les autorités sanitaires, tous les Français n’en bénéficient pas équitablement. Une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) met en lumière d’importantes disparités sociales dans le recours au dépistage des cancers.

Ce travail, qui a analysé les données de soins entre 2017 et 2020, révèle des écarts significatifs de participation selon le niveau de vie pour les trois cancers faisant l’objet de programmes nationaux de dépistage : colorectal, sein et col de l’utérus.

Cancer colorectal : du simple au double

Le cancer colorectal, troisième cancer le plus fréquent en France, présente les disparités les plus flagrantes. Le test immunochimique fécal (FIT), recommandé tous les deux ans pour les personnes de 50 à 74 ans, est réalisé par 31 % des individus appartenant aux 10 % les plus aisés de la population, contre seulement 16 % des personnes situées dans les 10 % les plus modestes.

Dans la même classe d’âge, pour le cancer du sein, le recours au dépistage des femmes appartenant au plus aisée est 1,6 fois plus élevé que pour celles appartenant au groupe le plus modeste. Mêmes chiffres pour le dépistage du cancer du col de l’utérus parmi les femmes âgées de 25 à 65 ans.

Une barrière financière, mais pas seulement

Plusieurs facteurs expliquent ces écarts. Tout d’abord, des contraintes matérielles demeurent importantes : coûts directs ou anticipés des examens, dépenses liées aux examens complémentaires, restes à charge ou encore frais de transport.

Mais selon la DREES, à ces difficultés financières s’ajoutent des freins liés à l’information et au rapport au système de soins : « moindre connaissance des recommandations ou encore représentations négatives des examens et du pronostic en cas de cancer. »

Enfin, ces obstacles apparaissent souvent renforcés dans certaines populations plus vulnérables, notamment chez les personnes en situation de handicap ou vivant avec des troubles psychiques, pour lesquelles l’accès au dépistage reste plus complexe.

Pour les auteurs, « cela montre bien que la gratuité seule ne suffit pas et que des actions complémentaires restent nécessaires pour toucher les populations les moins disposées à la prévention. »

  • Source : https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2026-02/Embargo_ER1367_Dpistage_cancer.pdf

  • Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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