Source de complications physiques et psychologiques, la stomie peut gêner les rapports sexuels. Comment se sentir plus à l’aise et faciliter la prise de plaisir ?

Pour les patients atteints d’un cancer colorectal, le port d’une stomie freine l’autonomie dans la vie de tous les jours. La sexualité n’est pas épargnée par cette ouverture chirurgicale à la surface de l’abdomen pour permettre l’évacuation des selles et des urines. Ce dispositif entraîne des « complications psychiques et émotionnelles importantes », relaie Sébastien Landry dans l’ouvrage Cancer et sexualité, si on en parlait !

Avant toutes choses, mieux vaut « réaliser un travail psychologique sur l’acceptation de la poche ainsi que sur l’appropriation de la maladie ». Ainsi, n’hésitez pas à vous tourner vers un psychologue pour en parler. Et n’oubliez pas que la communication dans le couple est un précieux « facilitateur » dans les échanges, notamment quand il s’agit d’intimité.

S’équiper pour se sentir mieux

L’essentiel est de se faire à l’idée que « la spontanéité de l’acte sexuel » sera moindre dans les premiers temps suivant la chirurgie. Il faut alors trouver des astuces pour ne pas que la stomie bloque toutes approches sensuelles. Tout d’abord, il est conseillé de « vider son sac avant votre moment intime et sécurisez-le afin qu’il ne bouge pas lors de vos rapports sexuels ». Pour ce faire, aidez-vous d’un ruban adhésif pour scotcher la poche, ou encore des dispositifs dissimulant comme une ceinture ou des sous-vêtements de fourche ouverte. « Ces derniers couvrent le sac tout en exposant les organes génitaux pour permettre les rapports sexuels. »

Il existe aussi des sacs de différentes tailles en fonction de l’appareillage que vous portez. Pour mieux vous guider, n’hésitez pas à prendre rendez-vous avec une infirmière stomathérapeute, spécialisée dans la prise en charge de la stomie donc.

Une aisance progressive

« S’attendre à des rapports sexuels complets/pénétration lors de votre première expérience après la chirurgie de votre partenaire n’est probablement pas réaliste », prévient la Société canadienne de recherche intestinale. « Passer du temps ensemble à s’embrasser, à toucher des endroits sensibles ou à prendre part à une masturbation mutuelle ou à des relations sexuelles orales peut vous apporter des sentiments de plaisir sans avoir à penser à l’inconfort initial associé aux rapports sexuels. »

« Le désir sexuel revient habituellement lorsque la personne commence à se sentir mieux et à se remettre de son expérience du cancer », décrit l’Institut national du Cancer (INCa). « Il est possible qu’un peu plus de planification et qu’un peu moins de spontanéité soient nécessaires, mais dans la plupart des cas, il est possible de reprendre une vie sexuelle active. »

Partager cet article