Cancers de la tête et du cou : de quoi parle-t-on ?

[03 octobre 2018 - 12h16] [mis à jour le 03 octobre 2018 à 12h17]

Ils peuvent se développer au niveau de la bouche, des lèvres, de la langue, des amygdales, du pharynx, du larynx, des sinus, des glandes salivaires. Peu connus du public, les cancers dits de la tête et du cou, aussi appelés cancers ORL, touchent environ 15 000 personnes chaque année en France. Les causes sont bien identifiées, essentiellement le tabac et l’alcool. Depuis plusieurs années, la pratique du sexe oral figure également parmi les facteurs de risque. Le point sur ces tumeurs et leur prise en charge.

Que recouvrent les cancers de la tête et du cou ? « Ces cancers regroupent en réalité l’ensemble des tumeurs affectant la sphère ORL », explique le Dr Jérôme Fayette, oncologue médical au centre de lutte contre le cancer Léon Bérard de Lyon. « Ils peuvent concerner la muqueuse du nez (vestibule), les fosses nasales, les sinus, les lèvres, la langue, la cavité buccale, les cordes vocales… ». Il existe des tumeurs rares qui touchent l’arrière de la cavité nasale et d’autres encore plus rares siégeant au niveau des glandes salivaires.

Deux coupables majeurs, mais pas seulement. « Dans 70% des cas, l’alcool et le tabac représentent les principaux facteurs de risque des cancers de la tête et du cou », précise le Dr Fayette. « Cependant, on note une baisse de l’incidence de ces cancers depuis les années 1970, liée à une diminution de la consommation du tabac et de l’alcool. On assiste en revanche à une augmentation récente d’un type particulier de cancer dû aux papillomavirus, en lien avec les pratiques sexuelles orales. Cela touche notamment les jeunes adultes. Ces cancers représentent aujourd’hui un tiers des cancers de la tête et du cou en France. » A noter enfin que certains de ces cancers peuvent être liés à une exposition professionnelle, par exemple ceux des cavités nasales et des sinus avec l’exposition aux poussières de bois.

Des signes qui doivent amener à consulter. Les symptômes sont généralement banaux : grosseur dans le cou, langue douloureuse, gêne ou douleur lors de la mastication, de la déglutition, de la respiration. Les spécialistes parlent ainsi de troubles à type de dysphagie (difficulté à avaler), de dysphonie (anomalies de la voix). Sans oublier une toux persistante et/ou des crachats sanglants. Autant de signes, qui, s’ils perdurent plus de 15 jours doivent impérativement conduire à consulter un médecin.

Une prise en charge en évolution… « En France, on privilégie la chirurgie. Les données ont montré sa supériorité en termes d’efficacité. En revanche, elle est à l’origine de mutilations et d’une altération de la qualité de vie », explique le Dr Jérôme Fayette. « Par ailleurs, il faut savoir que tous les cancers de la tête et du cou étaient jusqu’à présent traités par radiothérapie. Problème, elle entraîne une destruction des glandes salivaires. Ainsi, les patients sont très gênés car ils ne peuvent plus parler ni manger facilement. Enfin, en fonction de la tumeur, la chimiothérapie peut également être envisagée », poursuit le Dr Jérôme Fayette.

La grande nouveauté repose sur les immunothérapies qui représentent une possibilité de traitement innovant pour les patients. « Elles ont démontré leur efficacité en premier lieu contre le mélanome et le cancer du poumon. En stimulant le propre système immunitaire des patients, elles augmentent la survie et s’avèrent bien tolérées », conclut le Dr Jérôme Fayette. Plus d’informations sur l’immunothérapie sont disponibles sur le site http://www.immuno-oncologie.fr/.

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