Le parasite de l’onchocercose -appelée aussi cécité des rivières– est-il en train de s’adapter à l’unique traitement disponible : l’ivermectine ? La question est posée par des chercheurs de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) qui viennent de réaliser une étude au Cameroun.

L’onchocercose est une infection parasitaire due à Onchocerca volvulus, un ver nématode transmis à l’homme par des moucherons appelés Simulies. Cette maladie entraîne des lésions cutanées et des atteintes oculaires sévères pouvant conduire à une cécité irréversible.

Bien que l’ivermectine, le seul traitement disponible contre cette affection soit très efficace, plusieurs équipes de chercheurs mettent en garde contre d’éventuels phénomènes de résistance. C’est notamment le cas à l’IRD où des scientifiques suivent une cohorte de patients traités par ivermectine depuis 1994. Leur dernier travail met ainsi en évidence « une sélection génétique des populations de parasites associée à une modification de leur fertilité ».

En d’autres termes, les chercheurs supposent que les parasites présentant un certain génotype -homozygote en l’occurrence- seraient plus sensibles à la molécule. Ils disparaissent ainsi progressivement au fil des traitements au profit d’autres parasites -hétérozygotes- plus résistants. « Ces résultats ne permettent pas d’affirmer qu’Onchocerca volvulus devient progressivement réfractaire à l’ivermectine. Ils montrent en tout cas que certains parasites sont plus sensibles que d’autres aux traitements » conclut l’IRD.

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