Chikungunya, un virus voyageur…

[12 mars 2012 - 15h04] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h50]

Seulement 3 cas entre 1995 et 2005 mais… 106 entre 2006 et 2010 ! L’augmentation (très) significative du nombre d’Américains qui ont regagné les Etats-Unis après avoir été contaminés par le virus du chikungunya lors d’un voyage, inquiète l’Organisation panaméricaine de la Santé. Laquelle n’est autre en fait, que le Bureau régional de l’OMS pour les Amériques. Pour prévenir tout risque de progression vers une épidémie, celle-ci vient d’émettre des recommandations précises à l’intention des autorités.

Elles ont été préparées en collaboration avec les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) d’Atlanta, aux Etats-Unis. Elles sont destinées aux professionnels de santé bien sûr, mais aussi aux autorités sanitaires de tous les pays des deux Amériques.

Objectif : « aider (ces pays) à améliorer leurs capacités de détection du virus, mais aussi à prévenir et contrôler la maladie ». En effet, explique le Dr Roger S. Nasci, qui dirige la division des maladies arbovirales – c’est-à-dire transmises par la piqûre de moustique – aux CDC, « les voyageurs contaminés par le virus du chikungunya rapportent cette affection sur le continent américain, et notamment aux Etats-Unis ».

Douleurs et fièvre

Depuis 2004, le virus du chikungunya a infecté plus de 2 millions de personnes en Asie et en Afrique. Les voyageurs, de retour de ces continents, ont favorisé une transmission locale du virus, là où il n’existait pas auparavant. C’est ainsi que neuf cas de contamination répondant à ce mode de transmission ont été rapportés en Martinique, en Guadeloupe et Guyane depuis 2006.

Les experts soulignent « le risque d’un transfert du virus aux Etats-Unis ». En France métropolitaine, quatre cas autochtones avaient été signalés en 2010, le moustique s’étant installé dans le département du Var notamment, depuis 2004.

Rappelons que le chikungunya est une maladie rarement mortelle, qui provoque de la fièvre et de fortes douleurs articulaires pouvant durer plusieurs mois. A l’heure actuelle, aucun vaccin ni aucun traitement spécifique n’est disponible pour lutter contre cette maladie.

Pour aller plus loin :
Preparedness and Response for Chikungunya Virus Introduction in the Americas (disponible uniquement en anglais).

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