Choléra au Zimbabwe : une crise d’une ampleur hors du commun

[30 janvier 2009 - 17h52] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h31]

D’après les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’épidémie de choléra qui sévit depuis août dernier, dans ce pays du sud-est de l’Afrique a déjà tué 3 161 personnes. Au total, 60 401 ont déjà été infectées. L’OMS appelle à la mobilisation générale. Car le pire serait encore à venir.

« Cette épidémie est l’une des plus importantes jamais enregistrée dans le monde et elle est encore loin d’être sous contrôle », déclare le Dr Eric Laroche (Département de gestion des crises à l’OMS). « Nous sommes face à une crise de santé publique d’une ampleur extraordinaire. Elle requiert donc une réponse d’urgence hors du commun ».

Le principal défi de l’Organisation est de mobiliser des ressources financières pour « payer les médecins zimbabwéens, mais aussi les infirmières et tous les personnels de santé qui ne viennent plus au travail. Faute parfois d’avoir les moyens de se payer un simple ticket de bus. Cette pénurie de personnels qualifiés est l’un des principaux facteurs explicatifs à l’augmentation du nombre de cas ».

Au 29 janvier 2009, les 10 provinces du Zimbabwe étaient concernées. Les pays voisins commencent également à être infectés. Ainsi 3 000 cas ont-ils déjà été rapportés en Afrique du Sud, où le taux de mortalité reste toutefois inférieur à 1%. Alors qu’il est supérieur à 5% au Zimbabwe !

L’espoir viendra-t-il du Centre de Commande et de Contrôle du Cholera qui vient d’être installé à Harare ? C’est de là qu’est désormais établie la stratégie d’attaque. Des dizaines d’experts y sont chargés de coordonner les efforts des équipes de terrain, de mobiliser les ressources médicamenteuses, logistiques etc… Mais l’OMS ne donne guère d’espoir au moins sur le court terme : « en dépit de toutes les actions drastique prises actuellement, de nombreux Zimbabwéens vont encore succomber à l’épidémie ».

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