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En recoupant les données de délivrance du contraceptif injectable acétate de médroxyprogestérone (150 mg/3 ml, DMPA, Depo Provera®) issues du système national des données de santé entre 2010 et 2023, et en les couplant avec les ventes 2022-2023 en France métropolitaine et outre-mer, des investigateurs ont enfin permis de connaître l’usage de ce type de contraception sur la période 2010-2023, ainsi que, pour la première fois, les médecins qui le prescrivent. Ce travail n’avait été réalisé que partiellement en 1991, et uniquement en région parisienne.
Ainsi, entre 2010 et 2023, 63 129 personnes ont reçu au moins une injection de DMPA, pour un total de 140 247 dispensation du produit. Parmi elles, 34 644 étaient de nouvelles utilisatrices. Globalement, près de 4 400 femmes l’utilisent chaque année en France.
En 2023, la majorité des utilisatrices de DMPA avaient entre 30 et 39 ans.
Sur la période étudiée, la plupart des nouvelles utilisatrices résidaient en Guyane française (26,8 %), en Seine-Saint-Denis (11,5 %) et en Guadeloupe (8,8 %).
La moitié des femmes étaient affiliées à la complémentaire santé solidaire au moment de la première utilisation (51,2 %), et 17,7 % étaient classées « nouvellement arrivées sur le territoire français ». Au total, 43,1 % résidaient dans les territoires d’outre-mer.
Ce sont donc principalement des femmes au sein de populations et/ou de territoires défavorisés.
En 2023, les médecins généralistes ont prescrit deux tiers des premières ordonnances de DMPA (66,4 %), l’autre partie ayant été délivrée par les gynécologues et les sage-femmes.
Un an après le début de la contraception, seulement 16,7 % des femmes utilisaient encore le DMPA, et 15,5 % après deux ans.
Ces résultats ne sont pas surprenants. Notre « étude nationale confirme que la contraception injectable est rarement utilisé en France », concluent les auteurs de l’étude. Elle l’est « en particulier par les populations défavorisées vivant dans des zones à forte immigration. La majorité des utilisatrices ne semblent pas recourir à cette contraception sur le long terme. »
Par comparaison, aux États-Unis, un quart des femmes de 15 à 44 ans ont utilisé le DMPA au moins une fois dans leur vie. Elles sont 3,6 % des femmes en âge de procréer et sexuellement actives au Royaume-Uni chaque année.
Par ailleurs, le faible taux d’utilisation au-delà d’un an est rassurant, compte tenu du risque accru de chirurgie pour méningiome (tumeur des méninges, généralement bégnine) qui est multiplié par cinq à six en cas d’utilisation au-delà de 12 mois.
Pour en savoir plus : La contraception injectable, pourquoi n’est-elle jamais proposée en première intention ?
* Le groupement d’intérêt scientifique Epi-Phare est placé sous l’égide de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam).

Source : Roland N et al. Use of the injectable contraceptive medroxyprogesterone acetate in France in 2010-2023: a national descriptive study. Therapies, online 4 feb 2026

Ecrit par : Hélène Joubert - Édité par Emmanuel Ducreuzet