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La prise en charge du diabète traité par insuline a connu d’importantes avancées au cours de ces dernières décennies grâce, notamment, aux évolutions technologiques dans le domaine des pompes à insuline externes portables. Ces dispositifs médicaux reliés en permanence au patient assurent une administration continue d’insuline par voie sous-cutanée. Ainsi, ils permettent d’améliorer l’équilibre glycémique par rapport aux injections ponctuelles d’insuline.
En 2024, plus de 110 000 patients en France utilisaient une pompe à insuline, dont 70 % des enfants diabétiques et 10 % des adultes sous insulinothérapie, ce qui illustre une diffusion importante de ces dispositifs par rapport à 2010. Ces nouveaux chiffres proviennent d’Epi-Phare sur l’utilisation des systèmes de pompes à insuline en France entre 2010 et 2024. Epi-Phare est un groupement d’intérêt scientifique sous l’égide de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).
Au total en 2024, 9,3 % des individus diabétiques insulino-traités (type 1 ou 2) avaient une pompe à insuline, contre 3,9 % en 2010.
L’insulinothérapie par pompe présente de nombreux avantages dans le traitement du diabète, précise la Fédération des diabétiques. La pompe à insuline externe est un appareil discret qui délivre en continu de petites quantités d’insuline. Elle reproduit ainsi les fonctions naturelles de l’organisme grâce à la programmation de l’utilisateur, en fournissant en continu un débit de base d’insuline tout au long des 24h et en administrant un « bolus » (dose) supplémentaire au moment des repas, d’une collation ou pour corriger une hyperglycémie. La pompe à insuline est une alternative au traitement par multi-injections d’insuline réalisées avec les stylos et favorise un meilleur équilibre glycémique.
Les pompes sont principalement destinées aux diabétiques de type 1, mais aussi à certains diabétiques de type 2 nécessitant une insulinothérapie intensive, ce qui explique leur usage plus fréquent chez les enfants, lesquels sont majoritairement atteints de diabète de type 1, que chez les adultes (où le type 2 prédomine). Une faible part des diabétiques de type 2 ont une insulinothérapie intensive (avec injections multiples ou pompe à insuline).
Les adultes équipés d’une pompe à insuline sont en moyenne plus jeunes que les autres diabétiques insulino-traités (48 contre 69 ans en 2024). Plus on vieillit, moins on utilise la pompe : 43,7 % chez les 18-24 ans, 31,2 % chez les 25-44 ans et 3,2 % passé 65 ans.
18 600 enfants et adolescents utilisaient une pompe, soit 71,8 % des jeunes diabétiques (28,9 % en 2010).
Des disparités régionales existent dans l’usage des pompes à insuline. Autre différence, les femmes les utilisent plus que les hommes (10,5 % contre 8,2 %) et plus les filles par rapport aux garçons (70,1 % contre 62,6 %). Les patients diabétiques habitant dans les communes les plus défavorisées les utilisent moins ( 8 % contre 11,3 %).
En France, deux types de pompes à insuline existent : à tubulure externe (via un cathéter – petit tube flexible inséré sous la peau pour délivrer l’insuline, et une tubulure – conduit qui relie la pompe au cathéter) ou de type « patch », le plus nouveau. La pompe patch est une pompe à insuline sans tubulure. Elle se fixe directement sur la peau et délivre l’insuline via un cathéter intégré. L’appareil est contrôlé à distance par un boîtier ou un smartphone, ce qui évite le port d’un dispositif relié par un tube.
Quel que soit le type de pompes à insuline, elles peuvent fonctionner de manière autonome, sans lien avec un dispositif de mesure continue du glucose, ou en boucle semi-fermée (« pancréas artificiel »). Dans ce dernier cas, un algorithme ajuste automatiquement l’insuline en fonction des mesures continues.
En 2024, les dispositifs les plus utilisés sont les pompes patchs non autonomes (43,9 % des adultes appareillés, 44,9 % des enfants), suivies des systèmes tubulaires non autonomes (34,9 % et 28 %).
Les systèmes tubulaires en boucle semi-fermée sont utilisés par 21,1 % des adultes et 27,1 % des enfants ; en sachant que ce dispositif est uniquement prescrit dans le diabète de type 1. Quant aux pompes patchs en boucle semi-fermée (remboursées depuis 2024), le « top » à en lire les témoignages des personnes atteintes de diabète de type 1 (dixit le média spécialisé dans le diabète de type 1 Glucose toujours), elles sont encore peu répandues, mais très attendues.
A noter : Comme pour un traitement « multi-injections » par stylos injecteurs d’insuline, la surveillance des glycémies (quatre à six fois par jour voire plus) sous pompe à insuline est très importante, le corps n’ayant aucune réserve d’insuline. Une contrainte en partie levée par les boucles semi-fermées.

Source : Rapport volet 1 Epi-Phare : « Recours aux systèmes de pompe à insuline externes à domicile en France entre 2010 et 2024 », paru le 29 JANVIER 2026 ; Fédération des diabétiques (Dossier « La pompe à insuline », consulté le 05/02/26).

Ecrit par : Hélène Joubert - Édité par Emmanuel Ducreuzet