Incontinence urinaire à l’effort : pourquoi faut-il continuer à faire du sport ?

17 février 2026

L’Association française d’urologie (AFU) lance une campagne sur l’importance de poursuivre une activité physique malgré la présence d’une incontinence urinaire à l'effort. L’abandon du sport serait même contre-productif.

L’incontinence urinaire à l’effort se caractérise par une fuite involontaire d’urine survenant à l’occasion d’une toux, d’un rire, d’un éternuement, le soulèvement de charge ou tout autre activité physique augmentant la pression dans l’abdomen. Notez qu’à la différence de l’incontinence urinaire par urgenterie, on n’observe pas de fuite involontaire des urines survenant au repos, en dehors tout effort, et précédée d’un besoin impérieux d’uriner.

Pour cette raison, de nombreuses personnes sujettes à l’incontinence urinaire à l’effort font le choix de réduire ou d’arrêter toute activité physique, le plus souvent par gêne. Une décision qui nuit pourtant à la santé globale, à la qualité de vie et à l’estime de soi, souligne l’Association française d’urologie (AFU). C’est pourquoi l’AFU lance une campagne baptisée « incontinence urinaire à l’effort : arrêter le sport n’est pas la solution ». Le message clé ? « L’incontinence urinaire à l’effort n’est pas une fatalité et ne doit jamais conduire à renoncer à l’activité physique. »

« Le sport n’est pas l’ennemi mais fait partie de la solution »

Selon un document du ministère de la Santé, deux mécanismes sont à l’œuvre dans l’incontinence urinaire à l’effort :

  • un affaiblissement des tissus et des muscles du périnée chargés de soutenir l’urètre (canal allant de la vessie à l’orifice urinaire, permettant l’évacuation de l’urine) ;
  • une faiblesse du sphincter de l’urètre (muscle chargé d’assurer l’étanchéité de la vessie).

Selon l’AFU, 3 millions de personnes de tous âges sont concernées en France par l’incontinence urinaire à l’effort. 1 femme sur 5 en souffre avec un pic de prévalence entre 55 et 60 ans. Jusqu’à 30 % des femmes sportives, sans antécédent obstétrical sont touchées.

Mais cette situation est « encore largement sous-déclarée, reste entourée de tabous, alors même, assure l’AFU, que des solutions efficaces existent pour accompagner les patient.e.s et améliorer durablement leur qualité de vie ».

Des solutions, dont l’activité physique

Les spécialistes insistent en premier lieu sur l’importance de l’activité physique qui contribue à améliorer la fonction musculaire périnéale. Toutefois, cette activité physique doit être adaptée et raisonnée. « L’enjeu n’est donc pas d’arrêter de bouger, mais d’apprendre à bouger autrement, avec un accompagnement médical personnalisé », note l’AFU.

A quelles autres solutions l’activité physique peut-elle être associée ? Une fois l’incontinence urinaire diagnostiquée, la prise en charge peut consister en :

  • une rééducation périnéale spécialisée à travers des exercices de kinésithérapie ou avec une sage-femme ;
  • la correction de facteurs aggravants (surpoids, constipation, troubles hormonaux…) ;
  • des traitements mini-invasifs ou chirurgicaux si nécessaires comme la pose de bandelette sous-urétrale notamment.

« L’incontinence urinaire à l’effort est une pathologie fréquente, mais encore trop souvent vécue dans le silence. Beaucoup de patients pensent, à tort, qu’ils doivent renoncer à toute activité physique. Notre rôle est d’expliquer, de rassurer et de proposer des solutions personnalisées. Dans la majorité des cas, une prise en charge simple, précoce et bien expliquée permet de poursuivre, voire de reprendre, une activité sportive adaptée », explique le Pr Véronique PHÉ, urologue à l’hôpital Tenon (Paris).

  • Source : Association française d’urologie, ministère de la Santé,

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin - Edité par Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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