Chutes chez les seniors, encore difficiles à évaluer

[17 juillet 2017 - 12h12] [mis à jour le 18 juillet 2017 à 15h56]

Chaque année, les chutes ont des conséquences graves sur de nombreux individus de plus de 65 ans. Ce qui en fait un problème majeur de santé publique, « justifiant les efforts de surveillance épidémiologique et de prévention ». C’est dans cet objectif que les rédacteurs de la dernière publication du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) ont tenté de faire le point en France. Un exemple non négligeable, 85% des recours aux urgences dans cette population étaient dus à une chute en 2010.

« En France, le nombre de chutes chez les personnes âgées est sous-estimé », soulignent les auteurs du BEH. Notamment car les données sont difficiles à recueillir et à compiler. Ainsi, celles-ci ne sont pas toujours « suffisantes pour permettre la mise en place d’actions de lutte contre les chutes chez les personnes âgées de 65 ans et plus ».

Toutefois, une chose est sûre, les chutes peuvent provoquer des blessures graves comme un traumatisme crânien, une fracture de la hanche… Et « des études internationales et un travail de la Haute Autorité de santé (HAS) ont déjà montré la part importante des traumatismes crâniens chez les chuteurs de 65 ans et plus », ajoutent les rédacteurs. Ces accidents sont à l’origine d’une morbidité et d’une mortalité considérables dans tous les pays et constituent un problème majeur de santé publique.

Des données partielles mais marquantes

Afin d’en savoir plus, les rédacteurs du BEH ont passé en revue les résultats de plusieurs travaux épidémiologiques*. Résultats, « en 2010, près d’une personne sur 12 âgée de 55 à 85 ans (7,8%) déclarait avoir subi au cours des 12 derniers mois au moins un accident suivi d’une consultation médicale ou hospitalière ». Et « les personnes ayant subi un accident déclaraient principalement des chutes (56,5%) ».

Toujours « en 2010, 85% des recours aux urgences pour accident de la vie courante chez les 65 ans et plus étaient dus à une chute ». Cette proportion augmente avec l’âge avec 71% des 65 à 69 ans, 78% des 70 à 74 ans, 85% des 80 à 84 ans, 93% des 85 à 89 ans et 95% des 90 ans et plus.

Quelques années plus tard, « en 2014, 76 100 hospitalisations étaient motivées par une fracture de l’extrémité supérieure du fémur chez les plus de 65 ans », notent-ils. Et, ces fractures étaient survenues 9 fois sur 10 à la suite d’une chute.

*Les enquêtes du Baromètre santé, l’Enquête permanente sur les accidents de la vie courante (EPAC), le Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) et une base constituée à partir des certificats de décès

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