Cigarettes au volant : tous les poumons atteints

[26 novembre 2014 - 12h19] [mis à jour le 26 novembre 2014 à 12h20]

Toxique pour les consommateurs actifs, la fumée de cigarette nuit aussi aux non-fumeurs se trouvant à proximité. Ce risque est décuplé dans l’habitacle fermé de la voiture. Pourtant, les adeptes du mégot sont nombreux à fumer en conduisant. Des chercheurs américains ont à ce sujet découvert les substances directement impliquées dans le risque de cancers, de maladies cardiovasculaires et d’infections pulmonaires auxquels sont confrontés les fumeurs passifs.

Dans un espace confiné, un non-fumeur s’expose à la fumée secondaire. Il s’agit là des substances dégagées par la combustion d’une cigarette. « Respirées dans l’air ambiant, elles font bien plus de dégâts que la fumée primaire, celle qui pénètre directement dans l’organisme du fumeur », souligne le Pr Nicolas Bonnet, pharmacien et directeur du Réseau des Etablissements de Santé pour la Prévention des Addictions (RESPADD).

Toxicité décuplée

Ainsi, en voiture les non-fumeurs sont hautement exposés au risque de tabagisme passif.  « Que les fenêtres soient ouvertes ou non, être assis à côté d’un fumeur suffit à respirer un air saturé en gaz toxique ». Pour le prouver, des chercheurs américains (Université de San Francisco, Californie) ont mis 14 non-fumeurs à contribution. Chacun a pris place à bord d’une voiture dans laquelle le conducteur a fumé 3 cigarettes. Les fenêtres étaient ouvertes au quart. « Après une heure à bord, un test urinaire a révélé chez chacun des non-fumeurs la présence de substances toxiques », ont souligné  les auteurs de ce travail publié dans le journal Cancer, Epidémiologie, Biomarqueurs & Prévention.

7 substances toxiques

Avant l’expérience, les tests urinaires ne révélaient aucune trace de produits à risque. Dans les 8 heures suivant la fin du test, une concentration élevée pour 7 substances a été confirmée. Entre autres, les échantillons ne laissaient aucun doute sur la présence de  butadiène, de benzène ou d’oxyde d’éthylène. Lesquels agents chimiques sont directement impliqués dans le développement de pathologies liées au tabagisme (cancers, maladies cardiovasculaires et infections pulmonaires).

5 000 décès ?

En France, la cigarette tue 73 000 fumeurs actifs chaque année. Mais peu de données précises existent sur le tabagisme passif. En 2006, les auteurs d’une étude évaluaient à 5 000 le nombre de décès annuels par cancer du poumon lié à ce fléau. « Il s’agit là d’une estimation. Ces travaux ne prenaient pas en compte le fait que des fumeurs passifs ont pu être d’anciens fumeurs. Auquel cas la maladie a pu être déclenchée par la consommation active et non par la seule inhalation involontaire », conclut le Pr Bonnet.

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