En novembre 2017, un plan interministériel d’aide aux victimes annonçait la mise en place d’un centre de ressources. L’idée : améliorer la connaissance et la prise en charge du psychotraumatisme en France. Un projet piloté par le CHU de Lille et l’AP-HP. Mais comment se concrétise cette bonne idée ?

Suite aux dégâts psychotraumatiques des attentats de Charlie Hebdo, de l’Hyper Casher, du Bataclan et de Nice, un centre national de ressources et de résilience (CN2R)* a été créé en novembre 2017. Une mesure « annoncée dans le cadre du plan interministériel d’aide aux victimes ».

Les deux établissements retenus pour piloter le projet à l’échelle nationale, le CHU de Lille et l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, font aujourd’hui part de leurs objectifs et de leur plan d’action.

Tout d’abord, le psychotraumatisme est considéré dans sa globalité au sein du CN2R. Cette fragilité concerne en effet « les victimes d’attentats, de catastrophes naturelles ou industrielles, de viols, de violences familiales ». Mais aussi les « situations de harcèlement scolaire ou professionnel, de migrations, de prises en charge d’enfants de retour de pays en guerre ».

Côté professionnel, une plateforme téléphonique sera mise en place pour mettre en relation « les acteurs déjà engagés dans la prise en charge des psychotraumatismes, publics ou associatifs » avec des spécialistes en contact avec « de potentielles victimes  ».

Il n’est jamais trop tard

L’objectif principal, améliorer les connaissances pour une prise en charge la plus précoce et la plus complète possible. L’accès à l’aide doit pouvoir survenir quelque soit l’antériorité de la violence. Une méthode permettant « d’intervenir tout au long de l’histoire traumatique, depuis l’événement causal, sur le terrain, jusqu’à la période des troubles durables, ainsi que de permettre des interventions englobant une famille et prenant en compte chacun de ses membres ». L’approche doit autant être pensée autour du «  psychisme que sur le somatique ».

Le CHU de Lille et l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris assurent par ailleurs la coordination de partenaires du CN2R : « les CHU de Dijon (2 centres), Tours, Strasbourg, Lille, de la Martinique, Toulouse, Montpellier, Nîmes, Nice et la Fondation Lenval ainsi que les Hospices civils de Lyon et les établissements de l’Assistance publiquehôpitaux de Paris Sud et Nord (APHP) ».

*le CN2R est composé d’anthropologues, de sociologues, de pédagogues, d’historiens, de juristes, de psychiatres d’adultes et d’enfants, de psychologues, d’urgentistes, de médecins légistes, de responsables départementaux des Cellules d’urgence médico-psychologiques

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