© irinacapel/Shutterstock.com
Le cancer colorectal est le troisième cancer le plus fréquent et la deuxième cause de décès par cancer chez l’homme, 3e chez la femme. Mars Bleu est le mois dédié au dépistage et à la prévention de ce cancer, à l’origine de 47 000 nouveaux cas par an et 17 000 décès. A partir de 50 ans, le dépistage du cancer colorectal est recommandé tous les 2 ans pour les femmes et les hommes de 50 à 74 ans, sans symptôme ni antécédents (personnels, familiaux ou facteurs de risques particuliers). Pour vous faire dépister, il suffit de vous procurer le kit de dépistage auprès de votre pharmacien, de votre médecin ou de le commander en ligne sur le site monkit.depistage-colorectal.fr.
Le dépistage permet de repérer la présence de sang dans les selles. Il peut s’agir de polypes, ces petites lésions précancéreuses, qu’il suffit de retirer avant qu’ils ne se transforment en cancer. En effet dans près de 80 % des cas, le cancer colorectal se développe à partir d’adénomes sur la muqueuse du côlon et du rectum. Il s’agit de tumeurs néoplasiques bénignes, précurseurs de tumeurs néoplasiques malignes qui, en fonction de leurs caractéristiques morphologiques (taille, composante villeuse, degré de dysplasie), influencent le risque de survenue de cancer. Le test peut aussi permettre de détecter un cancer à un stade le plus souvent précoce pour augmenter les chances de guérison.
Il s’agit donc de prélever un échantillon de vos selles, le déposer dans le tube que vous enverrez ensuite par la poste au laboratoire d’analyses. Si le test révèle des traces de sang – entre 3 % et 4 % cas -, cela ne signifie pas que vous être atteint d’un cancer colorectal. Plusieurs autres causes peuvent expliquer la présence de sang dans les selles. Votre médecin pourra vous orienter vers un gastro-entérologue pour réaliser une coloscopie afin d’identifier les causes du saignement.
Dans 9 cas sur 10, le cancer colorectal est guéri s’il est diagnostiqué à un stade précoce, grâce au test immunologique. Toutefois, le taux de participation reste encore faible. Pour la période 2023-2024, seuls 29,6 % des 20,8 millions de personnes éligibles ont participé. Largement en-deçà du seuil recommandé en Europe : entre 45 % (seuil acceptable) et 65 % (seuil souhaitable). Celui-ci est plus élevé chez les femmes que chez les hommes avec des taux respectifs de 30,7 % et 28,5 %. Comment expliquer un taux de participation aussi bas ?
La Haute autorité de santé a listé les différents freins, nombreux :
Les tabous concernant la localisation du cancer colorectal pourraient expliquer, en partie, le fait que moins d’hommes que de femmes participent au dépistage de ce cancer. Ainsi, selon une étude Ifop réalisée pour Lelo, 49 % des hommes refuseraient un dépistage du cancer colorectal par introduction d’un endoscope dans l’anus, un chiffre qui chute à 32 % chez les hommes qui n’ont jamais expérimenté la sexualité anale. « Les normes virilistes continuent de peser sur la santé des hommes : tant que certaines zones du corps seront perçues comme interdites ou honteuses, beaucoup refuseront les gestes médicaux pourtant essentiels à leur bien-être », analyse pour Lelo Camille Guerfi, sexologue.

Source : Étude Ifop pour LELO, Inca, Santé publique France

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet