La société Carmat annonce « avoir obtenu l’autorisation de reprendre l’essai de faisabilité du premier cœur bioprothétique ». Le protocole avait été suspendu en mars dernier après le décès du premier patient.

Ce premier cœur artificiel total a été inventé par le Pr Alain Carpentier (Hôpital européen Georges Pompidou – Paris) et conçu par la société française Carmat. Il est qualifié de « total » car il comporte les deux ventricules. Ses parois sont recouvertes non pas de silicone ou de caoutchouc mais de tissus biocompatibles avec le sang. L’objectif étant de limiter le risque de formation de caillots sanguins. Son rythme est aussi capable de s’adapter à la situation de l’individu, que celui-ci exerce une activité physique ou qu’il se trouve au repos.

Le 18 décembre 2013, ce cœur avait été posé chez un patient souffrant d’une insuffisance cardiaque terminale. Il est décédé le 2 mars 2014. A l’époque, l’enjeu était surtout de déterminer la cause du décès. Autrement dit, la machine était-elle en cause ? Le Pr Carpentier avait évoqué « un court-circuit ». Quant au Pr Daniel Duveau (CHU de Nantes), l’un des deux chirurgiens, avec le Pr Christian Latremouille (Hôpital Georges Pompidou), auteurs de cette intervention, ilnous avait précisé : « la prochaine (intervention) n’aura lieu que lorsque nous aurons identifié la cause et établi sa correction ».

Des mesures complémentaires

Quatre mois et demi plus tard, Carmat – dont les fluctuations du cours boursier évoluent au rythme des communiqués de presse – annonce la reprise du protocole, mais sans revenir sur les causes du décès. Marcello Conviti, directeur général de Carmat ajoute toutefois que « l’analyse des données de la première bioprothèse implantée sur l’homme a permis de mettre en place les mesures complémentaires pour poursuivre l’essai dans les meilleures conditions de sécurité ».

L’histoire continue donc. Les trois prochaines interventions devraient se dérouler à l’Hôpital européen Georges Pompidou à Paris, au Centre chirurgical Marie Lannelongue du Plessis-Robinson (92) et à l’hôpital Laënnec-Nord du CHU de Nantes. Dans la plus grande discrétion, semble-t-il.

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