Coma : des connexions cérébrales modifiées, mais toujours présentes

04 décembre 2012

Après un arrêt cardio-respiratoire ou un traumatisme dû à un choc violent à la tête, la victime peut traverser une phase de coma. Il est alors difficile pour les médecins, de savoir dans quel état de conscience se trouve réellement le malade. Etat végétatif, syndrome de verrouillage ou encore état de conscience minimale… Une équipe française vient de montrer que dans la phase aiguë des premiers jours de coma, après l’accident, il y a une réorganisation des réseaux cérébraux. C’est un pas vers une meilleure compréhension de l’état de conscience de ces malades.

Kôma : ce mot grec signifie « sommeil profond ». « En médecine, il correspond à un état pathologique caractérisé par une perte de conscience, de sensibilité et de motilité, avec conservation relative des fonctions végétatives » définit Le nouveau Petit Robert. « C’est un des différents états où l’on observe une abolition de la conscience de soi et du monde extérieur », ajoutent les auteurs de ce travail.

En collaboration avec des cliniciens du CHU de Strasbourg, des chercheurs de l’INSERM et du CNRS de Grenoble ont analysé des images prises par IRM fonctionnelle du cerveau de 17 patients dans le coma. Ils les ont ensuite comparées à des images tirées du cerveau de 20 sujets sains. Des graphes (voir illustration ci-contre) représentant les connexions cérébrales observées ont été dessinés.

Un pronostic encore impossible

« La connectivité cérébrale globale est conservée chez les patients dans le coma. Mais certaines régions fortement connectées chez les sujets sains le sont plus faiblement chez les comateux. Et inversement, d’autres zones du cerveau sont l’objet d’une activité plus intense chez les malades », observent les auteurs.

Ces informations devraient permettre de poser un diagnostic plus précis. « Il est difficile aujourd’hui de connaître l’état clinique d’un malade dans le coma. Le risque de sous-estimer le niveau de conscience de ces patients, a été évalué à 40% par une étude en 2009. Pourtant ce diagnostic est primordial, car la prise en charge en dépend », souligne Chantal Delon-Martin, auteur de l’étude.

En revanche, « il est encore trop tôt pour établir un pronostic. Pour cela, il faudrait des études longitudinales sur un grand nombre de patients », conclut-elle.

  • Source : Unité INSERM 836 Grenoble Institut des neurosciences - CNRS au GIPSA lab de Grenoble - Université Joseph Fournier de Grenoble -Behavioural and Clinical Neuroscience Institute de Cambridge au Royaume-Uni ,29 novembre 2012 ; interview de Chantal Delon-Martin de l’unité INSERM de Grenoble, 30 novembre 2012

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