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« Les femmes qui ont allaité présente un risque réduit de cancer du sein », note l’Organisation mondiale de la Santé dans son article consacré à l’allaitement. Plusieurs habitudes et comportements ont un effet protecteur connu contre le cancer du sein dont 61 214 nouveaux cas ont été diagnostiqués en France en 2023 : ne pas fumer, ne pas boire, pratiquer une activité physique ou encore manger de manière équilibrée. L’allaitement maternel jouerait donc aussi un rôle bénéfique pour les femmes qui choisiraient de nourrir leur bébé au sein.
En 2002, les auteurs d’une étude publiée dans The Lancet estimaient, selon les chiffres obtenus à partir d’une méta-analyse de 47 études, que le risque relatif de cancer du sein diminue de 4,3 % pour chaque période de 12 mois d’allaitement. De manière générale, « plus la durée de l’allaitement maternel est longue, plus les femmes sont protégées contre le cancer du sein », écrivent les chercheurs.
Dans un rapport du Centre international contre le Cancer (Circ) publié en 2018, l’allaitement, exclusif ou non, d’au moins 6 mois par enfant, fait partie d’un mode de vie protecteur et le fait de ne pas allaitement à un mode de vie plus à risque. « 1 600 nouveaux cas de cancer du sein diagnostiqués en France, en 2015, chez les femmes âgées de 30 ans et plus, étaient attribuables à un allaitement maternel insuffisant, ce qui représente 3,1 % de l’ensemble des nouveaux cas de cancer du sein en 2015 », écrit le CIRC. Insuffisant signifie que le nourrisson n’a pas été allaité au sein ou moins de 6 mois. Si connaître ce lien entre allaitement et cancer du sein semble important, la formulation du CIRC peut toutefois être pondérée, au regard de l’importance pour chaque femme de pouvoir faire le choix libre et éclairé d’allaiter ou non.
Quels sont les mécanismes à l’œuvre ? Selon une étude publiée en 2024 dans la revue Medical Science Monitor, un ensemble de processus confère à l’allaitement son caractère protecteur :
Selon les auteurs de cette étude, les recherches épidémiologiques ont particulièrement mis en évidence l’association entre une durée d’allaitement plus longue et un risque réduit de cancer du sein triple négatif. « Cette revue apporte des preuves exhaustives que l’allaitement protège contre le cancer du sein par divers mécanismes biologiques, hormonaux et moléculaires, soulignant ainsi l’importance de promouvoir l’allaitement comme méthode naturelle de prévention du cancer », écrivent-ils.

Source : Circ, The Lancet, OMS, Medical Science Monitor

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Vincent Roche