La dysfonction érectile concerne de 20% à 40% des 60/70 ans. Au-delà, plus de la moitié est affectée par ces troubles. L’utilisation d’ondes de choc de faible intensité pourrait apporter une amélioration en matière de résultats. Avec, qui plus est, moins d’effets indésirables que les injections intracaverneuses. Un espoir fort en la matière.

Les ondes de choc sont des ondes acoustiques avec un sommet d’énergie extrêmement haut comme ceux qui se produisent dans l’atmosphère suite à un phénomène d’explosion comme un coup de foudre. Elles sont utilisées depuis de nombreuses années dans le domaine du soin. Ainsi, depuis les années 80 elles servent dans le traitement des lithiases urinaires. Elles ont ensuite été employées en médecine du sport pour favoriser la cicatrisation des tendons. Aujourd’hui, elles permettent de lutter contre les retards de cicatrisation chez les diabétiques et d’éviter les escarres chez les patients vasculaires.

Les urologues ont commencé à s’intéresser à ces ondes il y a déjà quelques années. Objectif, étudier leur action sur la dysfonction érectile. « Les ondes de choc de faible intensité favorisent la néovascularisation, l’angiogenèse et semblent être à même de réparer les tissus altérés », explique le Dr Ludovic Ferretti, urologue à l’hôpital d’Instruction des Armées Robert Picqué, MSP Bordeaux Bagatelle, regroupement BAHIA. Or le corps caverneux étant une véritable « éponge vasculaire », améliorer l’état vasculaire local pourrait avoir un effet positif dans le traitement de la dysfonction érectile.

Efficace dans la dysfonction légère à modérée

Pour valider cette hypothèse, plusieurs études ont été menées, notamment en Israël et en France. Le Dr Yoram Vardi, directeur du service d’urologie du Rambam Medical Center à Haïfa, a observé l’impact des ondes de choc sur des suivis assez courts, de l’ordre de 4 à 6 mois. Résultat, « les patients passaient d’une dysfonction érectile ‘sévère’ à une dysfonction érectile ‘modérée’ ». Des chercheurs français ont eux pu montrer que « les ondes de choc présentent un intérêt certain pour les dysfonctions érectiles légères à modérées.

En somme, « nous entrons là véritablement dans la médecine régénérative, ce qui n’avait encore jamais été tenté pour la dysfonction érectile », insiste le Dr Ferretti. Autre avantage de cette technique, elle est quasi dépourvue d’effets secondaires.

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