Ils inspirent le plus grand respect ou au contraire passent volontiers pour des illuminés. Les ultra-trailers, ces coureurs de fond adeptes des très longues distances réalisent des exploits physiques hors-normes. Grâce à une gestion très pointue de leurs capacités physiques, de l’alimentation mais aussi du sommeil.

Le 2 septembre dernier, le Français Xavier Thévenard a remporté l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB®), une course à pied de 171km à travers les montagnes alpestres. Son temps : 20h44 ! A l’autre bout du classement, la lanterne rouge (1778e position) a bouclé l’épreuve en plus de 46 heures. Soit près de deux journées complètes d’effort.

Pour tous ces athlètes, la gestion du sommeil constitue un facteur-clé. « Bien que les fonctions du sommeil ne soient pas encore bien comprises, sa relation à la performance est évidente », souligne le Dr Rémy Hurdiel (Université du Littoral Côte d’Opale), en charge de l’équipe sommeil de l’UTMB®.

Perte de vigilance, hallucinations

« Les épreuves sportives d’ultra endurance durant plus de 24h imposent aux athlètes une privation de sommeil qui peut engendrer une forte somnolence associée à des troubles cognitifs et moteurs importants. » Le Dr Hurdiel fait notamment référence à un déficit de la vigilance susceptible d’entraîner des chutes graves. Mais aussi à des hallucinations. Dans une étude réalisée en 2015, Rémy Hurdiel et son équipe confirmaient «  qu’une sieste de quelques minutes avait permis de faire diminuer significativement le nombre de cas d’hallucinations chez des finishers de l’UTMB® aux alentours de 37h ».

Au cours d’un précédent travail, en 2013, les médecins avaient mesuré les performances psychomotrices de vigilance avant et après la course. Il en était ressorti un temps de réaction chez certains coureurs en dette de sommeil, susceptible d’être comparé « aux mêmes effets qu’une forte alcoolisation ». Ce qui signifie surtout que le sommeil ne doit jamais être considéré comme une perte de temps. Même lorsque le chrono tourne.

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