Dans un rapport sur la consommation d’alcool dans le monde, l’OMS dresse un bilan alarmant. Chaque année, l’alcool tue plus de 3 millions de personnes, principalement des hommes. Il est ainsi plus meurtrier que certaines maladies comme la tuberculose, le Sida ou le diabète.

Selon l’OMS, en 2016, à l’échelle mondiale, 2,3 milliards de personnes ont consommé régulièrement de l’alcool (tandis que 3 milliards étaient abstinentes). Cette année là, la consommation d’alcool pur a été évaluée à 6,4 litres par personne. Une statistique qui n’est pas sans conséquences. Ainsi, 3 millions de décès ont été attribués à l’alcool : 28,7% étaient dus à des traumatismes (accidents de la route…), 21,3% à des maladies digestives, 19% à des maladies cardiovasculaires, 12,9% à des maladies infectieuses et 12,6% à des cancers.

Les hommes ont été les principales victimes : 2,3 millions de décès contre 700 000 pour ce qui est des femmes.

Alors que la consommation d’alcool est restée relativement stable dans les régions africaine, américaine et de la Méditerranée orientale, celle  de la Région européenne est passée de 12,3 litres en 2005 à 9,8 litres en 2016. Principalement en raison d’une baisse dans les anciens pays les plus consommateurs tels que la Moldavie (de 21,6 litres par personne en 2005 à 15,1 l en 2016), la Fédération de Russie (de 18,7 l à 11,7 l), ou la Biélorussie (de 15,3 l à 11,2 l). En revanche, en Asie, la consommation n’a cessé d’augmenter. En Chine par exemple où elle est passée de 4,1 l à 7,2 l).

Du côté des jeunes, plus du quart (27%) des 15-19 ans sont des buveurs réguliers. Les taux de consommation courante sont les plus élevés en Europe (44%), suivis par les Amériques (38%).

Et en France ?

En France, la consommation d’alcool pur par an s’établit à 12,6 litres par an et par personne, avec une forte différence entre les hommes (20,3 litres) et les femmes (5,4 litres). Notons que, tradition oblige, la France se démarque sur les boissons consommées. Alors qu’à l’échelle mondiale, les spiritueux arrivent en tête (46%) suivis de la bière (34%), dans l’Hexagone, c’est le vin qui se classe premier (59%).

La nécessité d’agir

« Nous devons faire plus pour réduire la demande et atteindre l’objectif fixé par les gouvernements de réduire de 10% de la consommation d’alcool dans le monde entre 2010 et 2025 », insiste le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. « Des actions rentables comme l’augmentation des taxes, les interdictions ou les restrictions sur la publicité ont déjà fait leurs preuves. Des interdictions qui doivent aussi s’appliquer à internet et aux réseaux sociaux. »

Sans oublier que les mesures pour contrer les méfaits de l’alcool sont souvent l’apanage des pays riches. « Pour atteindre l’équité en termes de santé publique, un soutien aux pays pauvres ou intermédiaires est nécessaire ».

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