De l’iode radioactif dans l’atmosphère en France

[16 novembre 2011 - 09h39] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h48]

L’Institut de Radioprotection et de Sûreté nucléaire (IRSN) a retrouvé dans le ciel français, des particules d’iode 131 dont l’origine paraît encore mystérieuse. Les niveaux de concentrations relevés sont toutefois très faibles et si leur origine reste pour l’heure inconnue, il paraît certain qu’elles proviennent de cieux étrangers.

Informé le 11 novembre par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur la présence d’iode 131 dans l’atmosphère en République tchèque, puis dans d’autres pays d’Europe centrale, l’IRSN a engagé des analyses sur le territoire national.

En conséquence, les premiers prélèvements effectués dans le nord de la France, ont indiqué la présence de traces d’iode 131 particulaire dans l’air. Les concentrations relevées ne dépassent pas quelques microBecquerels par m3 d’air et sont en fait, proches des limites de détection des instruments de mesure.

L’IRSN se veut donc rassurant. « La présence d’iode 131 dans l’air est tout-à-fait inhabituelle à cette échelle du territoire national. Elle indique des rejets radioactifs anormaux dans l’atmosphère (mais) les niveaux de concentration observés sont sans aucun risque pour la santé des populations ».

Une origine inconnue

Ces particules proviennent-elles d’activités de production ou d’utilisation d’iode 131 à des fins médicales ou d’un réacteur nucléaire ? L’origine des rejets radioactifs ayant causé cette pollution reste inconnue. L’IRSN suggère toutefois que les traces détectées en France pourraient avoir la même origine que celles retrouvées récemment dans plusieurs pays d’Europe centrale.

La piste Fukushima écartée

Les scientifiques français semblent toutefois exclure l’hypothèse selon laquelle ces rejets pourraient provenir de la centrale de Fukushima, au Japon. L’iode 131 rejeté en mars lors de l’accident de Fukushima a pratiquement disparu, y compris dans les réacteurs », souligne en effet l’IRSN. Sans compter que « les réacteurs accidentés ne produisent plus d’iode 131 ». L’enquête se poursuit donc pour déterminer l’origine de ces mystérieuses particules…

Déterminer l’origine : une urgence

Ce mercredi 16 novembre, la Commission de Recherche et d’Information indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD) fait part de son inquiétude. « Si les niveaux de contamination en iode 131 mesurés en France sont pour l’instant très faibles voire négligeables, se pose la question de l’impact pour les personnes proches du lieu d’où proviennent les rejets radioactifs ».

Le plus préoccupant pour la Commission réside dans le fait « qu’aucune autorité, ni au niveau international, ni au niveau national de quelque pays que ce soit, n’a été en mesure de désigner l’origine de la contamination. Il est urgent de savoir si la source de ces rejets est toujours active et comment ces derniers vont évoluer dans le temps, et ce afin de protéger les populations proches de la source ».

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