De l’Afrique à l’Europe : des systèmes immunitaires différents?

[26 janvier 2017 - 10h32] [mis à jour le 26 janvier 2017 à 11h16]

Notre profil immunitaire tient pour beaucoup à la diversité génétique et à la sélection naturelle. Ainsi, selon des chercheurs de l’Institut Pasteur et du CNRS*, les capacités de défense de l’organisme présenteraient des différences entre Européens et Africains.

Chaque humain possède son propre système immunitaire. Plus ou moins résistant, ce dernier est censé nous protéger des agressions extérieures comme les pathogènes responsables d’infections virales et bactériennes. Mais quels facteurs influencent la composition de ce système de défense ? Une question essentielle afin de comprendre « la prédisposition à certaines maladies et pour préparer la médecine personnalisée de demain », décrivent les chercheurs de l’Institut Pasteur et du CNRS. En effet, chaque organisme dispose de sa propre capacité à résister à un traitement ou à le supporter.

Lire la réponse immunitaire dans l’ARN

Pour y répondre, ces derniers ont décodé la réponse immunitaire d’un groupe de 200 individus, la première moitié composée d’Africains et la seconde d’Européens. Une étude initiée en 2012 en collaboration avec le Centre national de génotypage (CEA) de Leipzig (Allemagne) et Université de Gand (Belgique). Les scientifiques ont analysé l’expression de l’ensemble des gènes de la réponse immunitaire de chacun des volontaires. Pour une précision maximale, ils ont séquencé la totalité de l’ARN. Cette technique consiste à caractériser la manière dont les cellules immunitaires – dites monocytes – répondent à l’attaque bactérienne ou virale.

Une diversité de mutations génétiques

Résultat, « il existe bien une différence dans la manière dont ces populations répondent aux infections ». Des variations dans l’amplitude de la réponse immunitaire sont en effet apparues, « notamment pour certains gènes impliqués dans les réponses inflammatoire et antivirale ». Elles seraient dues à des mutations génétiques « différemment distribuées entre Africains et Européens ». Cette diversité résulterait donc des processus de contrôle génétique et de sélection naturelle. Elle prouve par ailleurs « que l’héritage que les Européens tiennent de l’Homme de Néandertal a influencé leur aptitude à se protéger des virus ». Ces résultats constituent une précieuse base d’informations pour « mieux comprendre la sensibilité de certains populations à des maladies comme le lupus, dont l’incidence est plus importante en Afrique qu’en Europe ».

*Centre national de la recherche scientifique

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