L’éducation pour se préserver de la démence. Des chercheurs français viennent de montrer que les personnes âgées qui ont fait le plus d’études au cours de leur jeunesse sont celles qui ont le meilleur capital cognitif au moment d’affronter le déclin lié à l’âge.

Alors que les projections tablent sur 131,5 millions de personnes concernées par la démence d’ici 2050, les scientifiques s’évertuent à trouver des facteurs de prévention. Parmi eux, une meilleure stimulation intellectuelle pourrait avoir une place de choix.

Pour évaluer l’impact du niveau d’éducation sur la fonction cognitive et le déclin de celle-ci, les chercheurs de l’Université de Bordeaux ont analysé les données de la cohorte PAQUID, destinée à étudier le vieillissement et ses complications.

Au moment de leur inclusion, les participants avaient au moins 65 ans et vivaient à leur domicile, en Gironde et en Dordogne. Ils ont été suivis en moyenne pendant 25 ans. Leurs capacités cognitives (vitesse de traitement des informations, mémoire visuelle…) ont été évaluées tous les deux à trois ans. Leur autonomie (capacité à utiliser le téléphone, les transports…) a par ailleurs été estimée.

Des questionnaires de suivi ont également renseigné sur leur profession et leur utilisation de médicaments contre le diabète, l’hypertension ou encore l’hypercholestérolémie.

Enfin, les auteurs ont créé deux groupes de personnes âgées de 78 à 88 ans, avec des participants nés entre 1903 et 1912 dans le premier, puis entre 1913 and 1922 dans le second.

Une réserve face aux lésions cérébrales

Résultat : la seconde « génération » présentait un niveau d’éducation moyen plus élevé, occupait des postes plus stimulants intellectuellement et utilisait davantage d’antihypertenseurs et d’hypocholestérolémiant. Mais elle présentait aussi des scores supérieurs aux tests cognitifs au moment de l’inclusion. « Cette progression est en grande partie imputable au niveau d’éducation plus élevé », lancent les auteurs.

« Notre travail confirme l’impact bénéfique de l’éducation sur la cognition », conclut Leslie Grasset, principale auteure de ces travaux. « Les personnes qui ont davantage étudié ont une réserve cognitive plus importante, ce qui leur permet de mieux compenser d’éventuelles lésions cérébrales. Par conséquent, même si la vitesse de déclin est équivalente entre deux générations, le fait de partir d’un niveau cognitif plus élevé permet, d’une certaine façon, de préserver plus longtemps ses capacités cognitives et son autonomie ».

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