De nouveaux outils pour se protéger du prion ?

04 décembre 2009

Un filtre anti-prions, utilisable lors de certaines transfusions sanguines, est actuellement à l’essai en Grande-Bretagne. Qu’en est-il en France ?

Filtre anti-prions. Mis au point par une PME française – Macopharma a été fondée en 1977 dans le Nord de la France – ce filtre aurait donné jusque-là de bons résultats. Il retient bien les prions, responsables du variant de la Maladie de Creutzfeld-Jakob (v-MCJ). Et il n’a provoqué aucun effet secondaire chez les patients transfusés. Les viandes bovines potentiellement contaminées par des farines animales ayant été retirées de la chaîne alimentaire britannique en 1996, un comité d’experts indépendant le recommande pour toute transfusion chez les enfants nés après cette date. Le Ministère de la Santé britannique n’a pas encore rendu sa décision.

Filtre combiné. En France, l’Etablissement français du Sang (EFS) travaille avec cette entreprise. Mais aussi avec d’autres, sur des filtres différents, susceptibles de retenir à la fois les prions et les globules blancs. Car les protéines de prions sont spécifiquement portées par ces derniers… « En France, la déleucocytation (le fait d’enlever les globules blancs au cours de la préparation des produits sanguins : globules rouges, plaquettes, n.d.l.r.) a été mise en place dès 1998 » rappelle le Dr Joliette Coste. Directeur scientifique des EFS de la région Pyrénées Méditerranée, elle est spécialiste des maladies à prion. Et selon elle, « des filtres combinés pourraient permettre un meilleur rendement ». Lorsqu’elle est suivie d’une « déprionisation » par filtrage, la « déleucocytation » diminue en effet la concentration en globules rouges du produit fini. Très attendus, les résultats de ces filtres combinés devraient être connus vers le mois de mars prochain.

Les chiffres. En Grande-Bretagne, le v-MCJ a causé 170 décès. Quatre étaient probablement dus à une contamination transfusionnelle. Mais les globules rouges transfusés n’avaient pas été « déleucocytés ». En France, deuxième pays exposé, on compte 25 décès dus au v-MCJ. Trois des victimes donnaient régulièrement leur sang. Une quarantaine de personnes a été transfusée avec des concentrés de globules rouges venant de ces donneurs. La majorité de ces produits sanguins avait été « déleucocytée », et aucun receveur n’est décédé du v-MCJ.

  • Source : interview Joliette Coste, 1er décembre 2009 – Macopharma, 24 novembre 2009.

Destination Santé
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