Accueil » Santé Publique » Maladies inflammatoires de l’intestin : une bactérie essentielle pourrait changer les traitements
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Notre intestin abrite des milliards de bactéries formant ce qu’on appelle le microbiote intestinal. Cet écosystème complexe joue un rôle fondamental dans le maintien de notre santé, notamment en contribuant à la digestion, en produisant des vitamines essentielles et en protégeant contre les infections.
Parmi ces bactéries, Faecalibacterium prausnitzii est l’une des plus abondantes dans un intestin sain. Si les propriétés anti-inflammatoires de cette bactérie sur les personnes atteintes de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (ou MICI) ont déjà été démontrées, les mécanismes précis à l’origine de ces effets restaient jusqu’à aujourd’hui mal compris.
Pour comprendre le mécanisme d’action de cette bactérie, des chercheurs français* ont mené toute une série d’expériences. Ils ont exposé des cellules immunitaires provenant du sang et de la muqueuse intestinale de patients atteints de MICI et de sujets témoins à Faecalibacterium prausnitzii et à d’autres bactéries intestinales.
Les résultats sont sans équivoque : tant dans le sang que dans l’intestin, cette bactérie stimule directement la production d’interleukine-10 (IL-10), une molécule aux puissantes propriétés anti-inflammatoires, par les monocytes, des cellules clés du système immunitaire. « Au-delà de l’induction de la production d’IL-10, une véritable reprogrammation complète du métabolisme énergétique des monocytes est induite par la bactérie », avancent les chercheurs.
Cette étude vient confirmer que notre flore intestinale est un véritable partenaire de notre santé, dont la modulation pourrait permettre de traiter de nombreuses maladies. Selon les auteurs, « ces travaux apportent des éléments nouveaux sur la manière dont une bactérie du microbiote intestinal peut moduler l’immunité humaine. Ils confirment l’intérêt de développer des stratégies thérapeutiques innovantes basées sur l’utilisation de Faecalibacterium prausnitzii dans le traitement des MICI et, dans d’autres pathologies inflammatoires ».
Pour les quelque 250 000 personnes souffrant de MICI en France, cette avancée représente un espoir considérable. Les traitements actuels, principalement basés sur des anti-inflammatoires et des immunosuppresseurs, peuvent avoir des effets secondaires importants et ne sont pas efficaces chez tous les patients.
* Sorbonne Université, Inserm, INRAE, AP-HP

Source : Inserm

Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet
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