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Douze cas de listériose, en lien avec la consommation de produits d’une même entreprise, ont été recensés entre septembre 2025 et janvier 2026, dont sept en janvier. Parmi ces patients, deux décès sont survenus chez des personnes de plus de 75 ans, présentant des comorbidités.
Selon la Direction générale de la Santé, l’enquête a permis d’identifier les produits mis sur le marché par l’établissement Drôme Ardèche Tradition. Un arrêté préfectoral de suspension d’activité a été pris et l’entreprise a procédé au retrait et au rappel de tous les produits fabriqués sur le site. « Les analyses menées par le Centre National de Référence (CNR) Listeria à l’Institut Pasteur ont permis, le 10 mars, de confirmer sur un produit de cet établissement la présence d’une souche de la bactérie génétiquement similaire à celles identifiées chez les malades, ce qui permet de confirmer le lien entre ces cas et la consommation des produits de l’entreprise », note le gouvernement dans communiqué publié jeudi 12 mars.
La liste des produits concernés – caillettes, pâtés en croûte, autres charcuteries cuites – est disponible ici.
Les personnes qui détiendraient ces produits ne doivent pas les consommer. Jusqu’à 8 semaines après la consommation, les personnes qui en auraient mangé et qui présenteraient de la fièvre, isolée ou accompagnée de maux de tête et des courbatures doivent consulter un médecin en lui signalant cette consommation. « Des formes graves avec des complications neurologiques et des atteintes maternelles ou fœtales chez la femme enceinte peuvent également parfois survenir. Les femmes enceintes ainsi que les personnes immunodéprimées et les personnes âgées doivent être particulièrement attentives à ces symptômes », précise le communiqué.
« L’agent infectieux responsable de la listériose est la bactérie Listeria monocytogenes. Il s’agit d’un bacille long de 1 à 2 µm ayant la capacité de se multiplier à basse température et en présence de fortes concentrations en sel », décrit l’Institut Pasteur. La bactérie peut vivre dans l’eau, le sol, les végétaux en décomposition et chez de nombreux animaux. Elle peut contaminer les aliments prêts à consommer ainsi que les sites de fabrication. L’ingestion d’aliments contaminés est d’ailleurs le principal mode de contamination humaine.
La bactérie craint la chaleur mais peut se multiplier dans un réfrigérateur à 4°. Listeria monocytogenes n’altère pas le goût des aliments, ce qui la rend difficile à détecter. En France, les aliments les plus souvent contaminés sont les produits laitiers (notamment fromages à pâte molle et au lait cru), les charcuteries (langue, pâté, rillettes), les poissons fumés, certains végétaux, et la viande crue ou peu cuite. La mère peut aussi la transmettre au fœtus via le placenta.
En France chaque année, 400 à 500 cas de listériose sont recensés. La période d’incubation dure de quelques heures à 4 jours.
Les symptômes de la forme digestive de la maladie sont :
Les formes invasives, beaucoup plus graves – la bactérie est présente ailleurs que dans le tube digestif – se traduisent par une infection du sang (septicémie), du système nerveux central (méningo-encéphalite), ou une infection materno-néonatale. Son incubation va de quelques jours (septicémie, formes neuroméningées) à 1 à 2 mois (formes materno-néonatales). Ces formes sévères touchent principalement les personnes immunodéprimées (cancer, greffe d’organe, traitement immunosuppresseur, diabète, cirrhose), les personnes âgées, les femmes enceintes et les nouveau-nés. Elles sont associées à une mortalité de 30 à 45 %.
Le diagnostic de la listériose est confirmé après la détection de la bactérie dans un prélèvement de sang, de liquide cérébro-spinal ou d’un autre site biologique physiologiquement stérile. Le traitement repose sur la prise d’antibiotique, de l’amoxicilline souvent combinée à la gentamicine.
Chez les personnes à risque il est recommandé d’éviter la consommation de produits laitiers non pasteurisés ou UHT dont fromage au lait cru, de charcuterie, de viande crue ou peu cuite, de poissons fumés, coquillages crus, surimi, tarama, poivrons, persil et graines germées crues. Il est également recommandé d’enlever la croûte de tous les fromages, de bien cuire les aliments d’origine animale, de laver soigneusement les légumes et les herbes aromatiques et de bien recuire jusqu’à ébullition les produits achetés prêts à consommer.
Pour tous, les règles d’hygiène suivantes doivent être respectées :

Source : Institut Pasteur, communiqué de presse du gouvernement

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet