Accueil » Médecine » Maladie des reins » Maladie rénale chronique : une pathologie qui touche 1 Français sur 10
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À l’occasion de la Journée nationale du rein jeudi 12 mars, une étude du regroupement de laboratoires de biologie médicale Biogroup révèle que de nombreux patients présentant une altération de leur fonction rénale l’ignoraient avant de se faire dépister. Et pour cause, comme le rappelle le Dr Nicolas Roquign, biologiste médical pour Biogroup, « le rein ne fait pas mal. Il ne donne pas d’alerte précoce ».
Ainsi, en 2025, plus de 20 600 personnes ont bénéficié d’un dosage gratuit de la créatinine dans les laboratoires Biogroup. Parmi elles, 1 470 présentaient une anomalie rénale potentielle. Le constat est frappant : 83 % ne se savaient pas atteints avant ce simple test sanguin.
La maladie rénale chronique (MRC) est une diminution du fonctionnement des reins qui ne filtrent plus correctement le sang de l’organisme. Elle évolue souvent sans symptôme perceptible pendant des années. La MRC peut s’installer progressivement, sans douleur ni signe évident, jusqu’à atteindre un stade avancé nécessitant des traitements lourds.
Les chiffres sont alarmants : près de 30 % des patients qui débutent une dialyse découvrent leur maladie à ce moment-là seulement. Une prise en charge trop tardive qui pourrait être évitée.
« La dialyse constitue l’un des traitements chroniques les plus exigeants du système de santé, continue le Dr Roquigny. Elle mobilise des ressources importantes, s’inscrit dans le temps long et a un impact majeur sur la qualité de vie des patients. »
C’est pourquoi il est important que les personnes à risque soient dépistées chaque année avec une prise de sang (dosage de la créatine) et une analyse urinaire (dosage d’albuminurie/créatininurie). Mais si les patients atteints d’hypertension ou de diabète présentent un risque accru de développer une MRC, tous les adultes devraient être vigilants. D’autant que cette pathologie représente environ 2,5 % des dépenses de l’Assurance maladie, alors qu’elle ne concerne que 0,15 % des assurés.
Les symptômes spécifiques n’apparaissent qu’à un stade très avancé. Mais plusieurs signes, non-spécifiques, doivent aussi vous alerter et vous pousser à consulter : fatigue persistante, troubles digestifs, œdème, soif intense, mictions fréquentes ou encore perte d’appétit.
Depuis cinq ans, l’opération de dépistage menée par Biogroup a permis de tester gratuitement près de 100 000 personnes dans toute la France. « Nous voyons chaque jour des milliers de patients. Cette proximité nous donne une responsabilité : celle de mesurer, d’interpréter et d’alerter si nécessaire, poursuit le spécialiste. La biologie médicale est un maillon discret mais essentiel du parcours de soins. »

Source : Biogroup

Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet
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