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Le Plan Antichutes chez les Personnes Âgées (PAPA) a été lancé en 2022 par le ministère chargé des Solidarités et piloté par la Direction générale de la cohésion sociale. Dans ce cadre, Santé publique France a mis en place un suivi épidémiologique des chutes chez les 65 ans et plus. L’objectif du plan était de réduire de 20 % d’ici 2024 le nombre de chutes mortelles ou entraînant une hospitalisation dans cette tranche d’âge.
Visiblement, c’est un échec. En effet les hospitalisations et les décès liés à une chute ont augmenté sur la période.
Le nombre de séjours hospitaliers est passé d’environ 135 000 à près de 175 000, soit + 29 %. En 2024, cela correspond à 1 198 hospitalisations pour 100 000 habitants de 65 ans et plus, soit + 20,5 % par rapport à 2019.
Toutes les tranches d’âge sont concernées : + 27 % chez les 65-74 ans, + 20 % chez les 75-84 ans et + 18,4 % chez les 85 ans et plus.
La mortalité liée aux chutes a également augmenté et toutes les tranches d’âge parmi les seniors sont concernées : le nombre de décès annuels est passé de 15 952 en 2019 à 20 148 en 2024, soit + 26,3 %.
Ainsi, en 2024, le taux de mortalité lié aux chutes atteignait 138 décès pour 100 000 habitants chez les 65 ans et plus, soit + 18 % par rapport à 2019.
En 2024, le taux d’hospitalisation après une chute était 8,6 fois plus élevé chez les personnes de 85 ans et plus que chez celles de 65 – 74 ans. Le taux de mortalité était, lui, 29 fois plus élevé dans cette tranche d’âge !
En résumé, à âge égal, les femmes sont plus concernées que les hommes par les hospitalisations en lien avec une chute tandis que les hommes décèdent plus fréquemment que les femmes en lien avec une chute.
Déjà, la mortalité dans les suites d’une chute présente une dimension saisonnière. Les décès sont plus nombreux en hiver qu’en été, ce qui pourrait s’expliquer par les conditions climatiques (verglas, sols glissants) et par les épidémies hivernales.
Mais concernant l’augmentation globale sur la période étudiée, Santé publique France émet plusieurs hypothèses. Cette évolution pourrait traduire un changement durable des conditions de mortalité en France (on décèderait plus des suites d’une chute que d’autres causes), qui restent à explorer. Elle pourrait aussi s’expliquer par une bien meilleure déclaration des chutes comme cause de décès dans les certificats remplis par les médecins, en rapport justement avec le Plan Antichutes chez les Personnes Âgées.
Par ailleurs, la hausse des chutes chez les seniors étant observée dans de nombreux pays, les auteurs de l’étude suggèrent qu’elle pourrait s’expliquer par l’augmentation de l’inactivité physique et de la sédentarité dès le milieu de la vie. Avec l’âge, cette situation entraîne une diminution de la masse et de la force musculaires, ce qui accroît le risque de chute. Par exemple, entre 2006 et 2016, la proportion de femmes physiquement actives (atteignant les recommandations d’activités physiques aérobies) a diminué en France.
Pour les auteurs, la pandémie de COVID-19 aurait aussi pu aggraver ce phénomène d’hospitalisation et de décès post-chutes.
A noter :
Selon le Global Burden of Disease, les chutes sont en France, la première cause d’années de vie perdues en raison d’un décès prématuré ou d’années vécues avec une incapacité, avec une augmentation chez les plus âgés.
Informations pratiques :
Savoir repérer les risques de chute et alerter

Source : Hospitalisations et mortalité en lien avec une chute chez les personnes de 65 ans et plus. Données 2015–2024/ Santé publique France /12 mars 2026

Ecrit par : Hélène Joubert - Édité par Emmanuel Ducreuzet