Dépression : aider les médecins à la prendre en charge

[08 novembre 2017 - 14h24] [mis à jour le 08 novembre 2017 à 14h34]

Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), la prise en charge de la dépression s’avère insatisfaisante en France. Elle repose trop souvent sur les antidépresseurs, prescrits généralement sans suivi ni psychothérapie. C’est pourquoi elle publie une recommandation pour aider les généralistes à cibler les spécificités de cette maladie et proposer la prise en charge la plus adaptée.

« Près d’un Français sur 10 aurait connu un épisode dépressif au cours des douze derniers mois. Pourtant environ 40% (d’entre eux) ne recourent pas aux soins dans notre pays », explique la HAS. « A l’inverse, certaines déprimes passagères ou certains troubles psychiques graves sont parfois pris pour des dépressions et traités de façon inadéquate », poursuit-elle. « Enfin, même lorsque la dépression est correctement diagnostiquée, on observe souvent un mauvais usage des antidépresseurs : trop souvent prescrits pour des dépressions légères, pas assez dans des dépressions sévères, ou délivrés sans psychothérapie ni suivi. » Voilà pour le constat. Comme les médecins généralistes se situent souvent en première ligne face à cette maladie, la HAS leur rappelle comment détecter une dépression et la prendre en charge.

Poser le bon diagnostic

Première étape donc, savoir reconnaître une dépression et la différencier d’autres pathologies. Un état de tristesse ou de « déprime » ne constitue pas une dépression. Cette dernière est diagnostiquée si le patient présente différents autres symptômes : humeur dépressive, perte d’intérêt, concentration réduite, diminution de l’estime de soi, sentiment de culpabilité, idées et comportement suicidaires, troubles du sommeil ou de l’appétit. « Ils doivent se manifester de manière quotidienne, depuis au moins 2 semaines et avec une certaine intensité », indique la HAS.

Le médecin devra par ailleurs éliminer d’autres maladies aux symptômes communs : troubles anxieux, troubles psychiques, hypothyroïdie, maladies neuro-dégénératives… Il devra également envisager la possibilité d’un trouble bipolaire.

Quelle prise en charge ?

Comme l’explique la HAS, il existe trois 3 niveaux d’intensité distincts de la dépression : légère, modérée ou sévère. « La clé de la prise en charge de la dépression est de reconnaître en amont son niveau d’intensité. » Quelle qu’elle soit, la prise en charge repose sur une assistance psychologique. « Les antidépresseurs ne doivent pas y être systématiquement associés », précise la HAS. « Ils ne sont pas indiqués en cas de dépression légère, peuvent être envisagés pour les formes modérées et doivent être proposés d’emblée pour les dépressions sévères. »

Des consultations régulières toutes les 4 à 8 semaines doivent être programmées pour évaluer la tolérance et l’efficacité du traitement. Le médecin pourra aussi le moduler si besoin, et surveiller d’éventuels comportements suicidaires ou des facteurs extérieurs pouvant les déclencher. Une fois les symptômes disparus, le traitement médicamenteux sera poursuivi entre 6 et 12 mois pour prévenir le risque de rechute. L’arrêt sera progressif et accompagné par le médecin.

Partager cet article