Dépression : où en est la recherche ?

[07 avril 2017 - 10h37] [mis à jour le 07 avril 2017 à 10h38]

Thème de la Journée mondiale de la santé du 7 avril 2017, la dépression reste encore tabou. Cette pathologie touche pourtant une personne sur cinq au cours de sa vie. Mais quels sont les facteurs de risque ? Et quels traitements sont aujourd’hui à l’étude ?

Cette année, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) axe sa Journée mondiale de la santé sur… la dépression. Pouvant se déclarer à tous les âges, elle est avérée lorsqu’au moins 5 des 7 symptômes suivants sont repérés :

  • Une tristesse quasi-permanente, avec parfois des pleurs (humeur dépressive);
  • une perte d’intérêt et de plaisir à l’égard des activités quotidiennes, même celles habituellement plaisantes (anhédonie) ;
  • un sentiment de dévalorisation et de culpabilité excessif ou inapproprié ;
  • des idées de mort ou de suicide récurrentes, le sentiment que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue ;
  • un ralentissement psychomoteur ;
  • une fatigue (asthénie), souvent dès le matin ;
  • une perte d’appétit, souvent associée à une perte de poids ;
  • des troubles du sommeil ;
  • des difficultés attentionnelles, de concentration et de mémorisation.

Des traitements efficaces ?

Certaines molécules présentent une efficacité pour diminuer ces symptômes. Mais leurs effets ne sont avérés qu’après plusieurs années de traitement. Et tous les patients n’y répondent pas forcément. D’ailleurs, même « si la dépression peut être soignée, lorsque le traitement médicamenteux est associé à une psychothérapie, il reste des risques de rechute plusieurs années après la rémission », expliquent des scientifiques de l’Inserm. Dans 50% à 80% des cas, la rechute intervient dans les 5 années suivant la guérison. « Généralement, plus les récidives sont nombreuses, plus la dépression est sévère. Certains facteurs, par exemple le fait de vivre seul, augmentent le risque de chronicisation de la dépression. »

Une énigme pour les scientifiques

Option envisagée pour freiner le risque de récidive : chercher à comprendre pourquoi certaines personnes ont un degré de vulnérabilité plus élevé face à la dépression. Certes, l’histoire personnelle (traumatisme, perte d’emploi, séparation…) peut déclencher une dépression. Mais pour autant, tout le monde n’y est pas exposé malgré les aléas de vie. Des prédispositions génétiques peuvent aussi influer sur le risque de souffrir de cette maladie. Ainsi, un individu dont l’un des parents fait une dépression présente deux à quatre fois plus de risque d’être lui-même dépressif au cours de sa vie.

En outre, en plus de cette prédisposition génétique, il existerait une « vulnérabilité individuelle  », soulignent les scientifiques de l’Inserm. « Un déficit de régulation du système de réponse au stress et des anomalies de neurones de l’hippocampe, zone cérébrale impliquée dans la cognition et les émotions peuvent être impliqués ».

Et pour aller plus loin, l’équipe de chercheurs a mené des travaux sur des modifications cérébrales précoces impliquées dans la survenue des symptômes dépressifs. Une piste aujourd’hui envisagée pour mettre au point une nouvelle approche thérapeutique. Une avancée essentielle dans la prise en charge d’une maladie à l’origine de décès, par suicide (5% à 20% des patients dépressifs finissent par mettre fin à leur jour) ou provoqués par des facteurs de comorbidités comme les maladies cardiovasculaires.

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