Accueil » Santé Publique » Des « micro-ateliers de paix » en plein cœur de Jérusalem

Une carrure à bousculer des montagnes, un regard emprunt de sérénité et de chaleur… Avec l’association française Un Cœur pour La Paix le Pr Jean-Jacques Rein, chef du service de Cardiologie pédiatrique de l’Hôpital Hadassah à Jérusalem, semble avoir trouvé un défi à sa mesure : sauver, sur ces terres déchirées, des petits Palestiniens atteints de cardiopathies congénitales et promis à une mort certaine.
Défi ? Le mot n’est pas trop fort. « Avant, ces enfants mourraient, faute de pouvoir être dépistés et opérés à Gaza ou en Israël », nous a-t-il expliqué lors d’un récent passage à Paris. « Aujourd’hui, le taux de survie des petits opérés dépasse 97%. Et dans la plupart des cas, une seule intervention suffit ».
Depuis octobre 2005, « Un Cœur pour la Paix » a co-financé 110 de ces interventions. « Ces 110 enfants sont rentrés chez eux en bonne santé », précise Jean-Jacques Rein. La moitié sont opérés avant d’avoir un an, et neuf sur dix viennent de Gaza. Ils sont tous nés avec des malformations du cœur « plus graves que ce que l’on voit dans le monde occidental, mais aussi plus fréquentes. Un facteur génétique notamment, explique la fréquence élevée de malformations congénitales en Palestine, où le taux de mariages consanguins dépasse 45% ».
Changer d’ambulance au milieu du transfert…
Le Pr Rein et son équipe travaillent de concert avec un médecin de l’hôpital Nasser à Gaza, qui est chargé du dépistage. « Il nous envoie par fax le diagnostic précis et les données médicales de l’enfant. Par exemple lorsque le bébé est cyanosé, l’intervention s’effectue en urgence, dans les heures même qui suivent la naissance ». Le petit malade est alors transféré en ambulance vers Hadassah. Environ 80 km séparent Gaza de Jérusalem. C’est peu mais… « il faut 3 heures pour les parcourir, en comptant le changement d’ambulance au check-point d’Erez ». Un point névralgique où le malade est transporté d’un véhicule de secours palestinien à un autre, israélien.
« C’est formidable de voir des juifs et des musulmans se côtoyer dans les salles d’attente », sourit notre interlocuteur. « Ils échangent, ils font front commun. Sans verser dans un angélisme béat, ces lieux sont des micro-ateliers de paix ».
En 2008, l’association compte maintenir le rythme des interventions au niveau d’une par semaine. Et cela bien sûr, grâce à la générosité de ses donateurs. « Une opération coûte environ 12 000 euros. L’association finance 6 000 euros, et le reste est pris en charge par l’hôpital Hadassah. Cette année, nous allons également financer la formation de deux médecins palestiniens », conclut Jean-Jacques Rein. Pour les dons, il est possible d’adresser un chèque libellé à l’ordre de Un Cœur pour La Paix, 48 rue Cortambert, 75 016 Paris.

Source : Interview du Pr Jean-Jacques Rein, 14 avril 2008
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