A l’occasion de la Journée mondiale du diabète, ce 14 novembre, focus sur les complications ophtalmologiques de la maladie. La rétinopathie diabétique et l’œdème maculaire diabétique peuvent être à l’origine d’une baisse importante de la vision, voire d’une cécité. Il est donc indispensable de rappeler que leur dépistage annuel doit être pratiqué chez tous les diabétiques sans exception.

La rétinopathie diabétique est l’une des complications les plus sérieuses du diabète. « Insidieuse, elle s’attaque progressivement aux petits vaisseaux de la rétine. Cette affection ne provoque d’abord aucun symptôme », explique le Pr Laurent Kodjikian, du service d’ophtalmologie de l’hôpital de la Croix-Rousse de Lyon. « Puis, parvenue à un stade avancé, elle entraîne une baisse brutale de la vision et dans les cas les plus graves une cécité. » De son côté, l’œdème maculaire diabétique « est dû à l’atteinte de la rétine centrale, ce que l’on appelle la macula. Il peut se compliquer d’une baisse de la vision très importante ce qui peut littéralement être à l’origine d’une perte d’autonomie. C’est la principale cause de malvoyance chez les diabétiques ».

En France, selon The Diabetic Retinopathy Barometer Survey, 16% de la population diabétique est porteuse d’une complication ophtalmologique. Laquelle pour la grande majorité (80%) impacte leur vie quotidienne : difficultés à conduire, à travailler ou à poursuivre leurs activités de loisirs. Par ailleurs, le fait de souffrir d’un œdème maculaire par exemple augmente considérablement le risque de développer d’autres complications. Toujours selon la même étude, les patients présentant cette maladie ophtalmologique verraient leur risque de maladies cardiovasculaires augmenter de 33%. Et ceci en comparaison avec d’autres patients diabétiques indemnes de troubles visuels. 

Quelle prévention ? 

Pour le Pr Kodjikian, la prévention repose naturellement sur un bon contrôle de la maladie diabétique. « On surveille de très près la tension artérielle, le taux de cholestérol, la fonction rénale. Le contrôle de la glycémie diminue les risques d’apparition et de progression d’une rétinopathie diabétique, d’où l’importance de bien traiter son diabète. »

Prévenir c’est aussi dépister le plus précocement possible une éventuelle atteinte de la rétine. « Il est impératif de consulter régulièrement son ophtalmologiste quand on souffre de diabète. Il suffit de pratiquer une fois par an, un examen de la rétine, réalisé directement à partir d’un fond d’œil ». Ce dépistage annuel permet la détection de la maladie, et la mise en œuvre d’un traitement efficace.

Cependant comme le précise le Pr Laurent Kodjikian, depuis plusieurs années, « les endocrinologues ont la possibilité de participer à ce dépistage, car ils peuvent recourir à une photographie numérique du fond d’œil ». Fiable et rapide, cet examen permet d’orienter ou non le patient vers un ophtalmologiste. « Le dépistage est une des voies importantes sur laquelle il faut impérativement progresser. »

A noter que certains acteurs, comme le laboratoire Bayer, s’engagent également au côté des professionnels de santé et des patients en soutenant des journées de dépistage à travers des réseaux locaux. Ainsi au CHU de Strasbourg et à l’initiative du Pr David Gaucher, « le 14 novembre, les patients diabétiques pourront venir se faire dépister gratuitement toute la journée. L’examen consistera en une photographie numérique du fond de l’œil ».

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