Diriger un fauteuil roulant avec la langue, mission accomplie !

[28 novembre 2013 - 11h31] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h59]

Le Dr Maysam Ghovanloo et l’un des 11 participants à cette étude. ©Maysam Ghovanloo

Comment permettre demain aux patients tétraplégiques de diriger leur fauteuil roulant ? Des chercheurs américains viennent de relever le défi en mettant au point un système de contrôle de l’appareil avec la… langue ! Publiée dans la très sérieuse revue Science Translational Medicine, la technique consiste à greffer une  « fine haltère de titane magnétique » sur la langue de patients paralysés. Et après ? Un smartphone capte  le mouvement de la langue … et commande au fauteuil le changement de direction.

Rendue publique le 27 novembre, cette étude américaine relève quasiment de la médecine du futur ! Et pourtant, les 11 patients tétraplégiques ayant participé à l’expérimentation pourront le confirmer. Munis du « piercing » appelé Tongue Drive System (TDS), ces derniers ont pu « déplacer leur fauteuil roulant dans la direction désirée », relayent les auteurs de l’étude.

Technologie de pointe

Mais comment fonctionne cette précieuse innovation ? Tout simplement grâce à un système d’assistance sans fil. Le patient bouge sa langue, puis la fine barre métallique fixée sur sa langue, enregistre les variations des mouvements. Posé sur sa tête, un casque muni de capteurs reçoit ensuite le signal : « droite, gauche, avant ou arrière ». Il l’envoie à un lecteur mp3 lequel le  « transmet au fauteuil roulant ».

« Rien qu’avec les mouvements de la langue, les participants ont pu cliquer sur des cibles apparaissant au hasard sur un écran d’ordinateur, jouer à des jeux vidéo, composer des numéros de téléphone et conduire des fauteuils roulants à travers des obstacles », décrivent les auteurs.

Les chercheurs ont comparé l’efficacité de cette stratégie à celle du dispositif antérieur : le sip-and-puff. Ce dernier repose sur l’utilisation d’une paille dans laquelle le patient souffle. Résultat : « les patients munis du piercing TDS effectuaient les mêmes tâches mais trois fois plus rapidement qu’en se servant de la paille ».

Ecrit par Laura Bourgault : – Edité par : David Picot

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