Don d’organes : jamais trop âgés !

22 juin 2021

Contrairement aux idées reçues, il n’existe pas de limite d’âge pour donner ses organes. Les critères de sélection tiennent notamment à la physiologie du cœur, des poumons, des reins… Faisons le point à l’occasion de la Journée mondiale dédiée à cette démarche, organisée ce 22 juin.

Quel que soit son âge, un même donneur peut sauver trois vies. Un point souligné par l’Agence de la biomédecine (ABM) ce 22 juin, à l’occasion de la Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe*. La cible de la campagne de cette année ? La population des plus de 50 ans ! Pourquoi ? Beaucoup de personnes de cette catégorie d’âges connaissent mal la loi : 41% des plus de 65 ans se disent sous-informés, et surtout, ils n’ont pas conscience qu’elle les concerne toujours.

En effet, il n’existe pas plus de minimum** que de maximum d’âge pour effectuer cette démarche altruiste. Ainsi, en 2019, « une personne de 96 ans a sauvé une vie en donnant son foie. Un total de 18 donneurs de rein avait plus de 90 ans entre 2011 et 2020 », relaie l’ABM. En 2020, les plus de 65 ans représentaient 40% des donneurs, tous organes confondus. Et l’âge moyen des donneurs augmente d’année en année : il est passé de 44 ans en 2000 à 51 ans en 2020.

Après 60 ans, la majorité des dons concernent les poumons et les reins, bien moins le coeur. Sur quels critères sont-ils choisis ?  « C’est surtout l’état des organes*** qui compte, et il dépend d’abord des conditions dans lesquelles la personne est décédée, ainsi que de son hygiène de vie », souligne l’ABM. Les autres critères du don relèvent des antécédents médicaux du défunt et des résultats des tests de dépistages de maladies transmissibles.

Piqûre de rappel

En France, le don d’organes relève du consentement présumé. Une mesure actée par la loi Cavaillet de 1976. En clair, si vous ne vous opposez pas au don d’organes, alors vous êtes considéré(e) comme donneur. Pour exprimer votre refus à ce sujet, il faut le faire de votre vivant :

  • En vous inscrivant sur le registre national des refus. Sur ce même document, il est possible d’indiquer si vous souhaitez que certains organes ou tissus puissent être prélevés, et d’autres non. Et « rien n’est irrévocable», rappelle l’Agence de la Biomédecine. « Une personne qui s’est inscrite sur le registre du refus peut à tout moment revenir sur sa décision et modifier sa volonté. » ;
  • En informant clairement vos proches de votre position sur le sujet, vous concernant. En cas de décès, si vous n’êtes pas inscrit au registre national des refus, les médecins se doivent de demander à votre famille si vous étiez d’accord ou non pour donner vos organes. « En indiquant à vos proches, de votre vivant, ce que sont vos choix en matière de don d’organes, vous les aidez à affronter les premiers moments du deuil et à passer le moment psychologiquement très difficile auquel ils ont à faire face.»

Aller plus loin : pour tout savoir sur le don d’organes et de tissus, cliquez ici.

* et de reconnaissance aux donneurs

**en 2020, un total de 3% des donneurs d’organes en état de mort céphalique avaient 17 ans ou moins (données Agence de la biomédecine)

***analysé en laboratoire et par imagerie médicale

  • Source : Agence de la biomédecine, le 15 juin 2021

  • Ecrit par : Laura Bourgault – Édité par : Emmanuel Ducreuzet

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