Don du sang : assurer le flux permanent

[27 janvier 2017 - 15h51] [mis à jour le 31 janvier 2017 à 17h36]

Lancée le 9 janvier en prévention d’une pénurie des stocks, la dernière campagne initiée par l’EFS récolte ses fruits. L’objectif des 100 000 produits du sang est en effet atteint. Pour autant, les dons restent nécessaires sur le long terme. Le point auprès du Dr François Charpentier, directeur de la chaîne transfusionnelle à l’EFS.

En 15 jours de campagne, les stocks de l’EFS sont passés de 88 000 à 100 000 produits. « Cette collecte permise par la campagne initiée au 9 janvier nous permet d’éviter la pénurie de sang liée à la baisse des dons », explique le Dr François Charpentier.

Un phénomène qui s’explique en partie par l’arrivée de la grippe, « plus virulente que les autres années ». Malades, les Français sont moins enclins à se déplacer pour aller donner leur sang. Et leur statut infectieux empêche de toute façon le prélèvement.  Autre facteur de risque à l’origine de cette diminution des stocks, « les périodes des fêtes et de début d’année pendant lesquelles les gens ne pensent pas en priorité à donner leur sang ».

S’imprégner de la logique du don

Or « les flux des stocks seraient plus réguliers si la logique du don imprégnait les Français sur le long terme », motive le Dr Charpentier. Et non pas seulement à l’occasion d’opération particulière. En effet, « grâce à la campagne, beaucoup de personnes se sont déplacées entre le 9 janvier et aujourd’hui, et c’est tant mieux. Mais en conséquence elles prévoient aussi d’annuler leur don fixé au début du printemps ». Des décisions individuelles qui diminuent la fluidité des dons et donc le maintien des stocks.

« Etant donnée la faible période de conservation des produits du sang, la mission de l’EFS est d’assurer un stock permanent, sans carence ni excès », précise le Dr François Charpentier. « En réalité donc, les pénuries de sang n’existent pas, nous anticipons pour pallier d’éventuels manque d’approvisionnement ». Ainsi les vacances d’hiver approchent et vont logiquement entraîner une moindre disponibilité des donneurs. Les stocks doivent donc rester à niveau.

Cette logique subtile entre anticipation et gestion des stocks est d’ailleurs la stratégie employée pour faire face des situations d’urgence comme des attentats terroristes. « Il faut savoir que les dons liés à l’afflux après les attentats du Bataclan et de Nice ne sont pas utilisés immédiatement. Cette récolte sert à pallier l’utilisation des volumes sanguins utilisés dans l’urgence issus de dons effectués dans les jours précédant l’accident ».

Un prélèvement source de richesses

En un prélèvement il est possible de séparer les plaquettes et globules blancs des globules rouges et du plasma. Chaque année, 500 000 patients sont soignés grâce à une transfusion directe de plasma. Et 500 000 autres le sont de façon indirecte, en bénéficiant d’immunoglobulines, des médicaments dérivés du sang.

Vous souhaitez donner votre sang ? Cliquez ici pour trouver le point de collecte le plus proche de chez vous et les informations sur les critères pour être éligibles, ainsi que les contre-indications au don de sang.

A noter : les dons de sang servent particulièrement aux services d’hématologie, de cardiologie et de greffes du foie.

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