Accueil » Santé Publique » Drame de Pouzauges : questions autour d’un antidépresseur
L’autopsie réalisée sur le corps du médecin vendéen aurait en effet révélé des traces de sertraline. Plus connu sous sa dénomination commerciale de Zoloft®, cet antidépresseur appartient à la famille des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS).
Dans ses recommandations de 2005 sur le Bon usage des antidépresseurs au cours des troubles dépressifs chez l’adulte, l’Agence Française de Sécurité sanitaire des Produits de Santé (AFSSaPS) évoque bien le risque suicidaire. Lequel « doit être pris en compte tout au long du traitement, notamment chez les jeunes adultes ».
Un “suicide altruiste“?
De là à expliquer que le Zoloft® puisse être impliqué dans le massacre vendéen, il y a un pas que le Dr Peretti refuse de franchir. « Le risque d’augmentation d’idées suicidaires lié à une levée d’inhibition a surtout été décrit pour d’autres traitements. Non, ce drame me fait plutôt penser à un accès de mélancolie délirante doublé de ce que nous appelons un raptus mélancolique ». Lequel se définit comme une impulsion soudaine et violente susceptible de conduire à des massacres tels que celui-ci.
Le Dr Perretti poursuit : « Il s’agit donc d’une forme extrêmement sévère et grave de dépression et qui peut entraîner un suicide de ce type, appelé ‘suicide altruiste’. Le patient est sans issue, craint l’humiliation, la honte sur toute sa famille… Tout cela signifie que le traitement qu’il prenait n’était pas suffisant. Il aurait dû être hospitalisé. Le problème est que les médecins sont souvent persuadés qu’ils vont s’en sortir seuls… ».

Source : Interview du Dr Charles -Siegfried Peretti (Hôpital Saint-Antoine – Paris), 2 juillet 2010 – AFSSAPS, avril 2005, et 28 février 2008. Leparisien.fr, 2 juillet 2010
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