Ebola se cache dans les chauves-souris

[02 décembre 2005 - 00h00] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h27]

Des chercheurs de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) ont identifié des chauves-souris comme réservoir naturel potentiel du virus Ebola. Une découverte majeure, peut-être déterminante pour prévenir des épidémies humaines.

L’on savait en effet que le virus se transmettait à l’homme par contact direct avec des carcasses de primates infectés. Mais si ces animaux sont à l’origine de l’infection humaine, ils ne constituent pas le réservoir du virus. Lequel, restait inconnu, tout comme le mode de transmission du virus aux grands singes.

D’après les scientifiques de l’IRD, qui ont travaillé au Gabon à partir de chauves-souris capturées près de carcasses de singes, les primates se contamineraient directement par contact avec ces vertébrés. Dans la revue Nature, ils disent avoir détecté d’une part des anticorps spécifiques du virus Ebola dans le sérum de 3 espèces de chauves-souris frugivores tropicales. Et d’autre part, des fragments du génome viral dans le foie et la rate.

Ces résultats apportent un éclairage nouveau sur la nature épisodique des épidémies chez les primates et les hommes. Ils pourraient permettre le développement de stratégies de prévention, auprès des grands singes donc mais aussi des populations humaines. Certaines chauves-souris –hypsignathus monstrosus notamment- sont en effet fréquemment capturées puis consommées par les populations des régions épidémiques.

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