Effets indésirables intolérables : les retraits de médicaments trop tardifs

[14 avril 2017 - 11h00] [mis à jour le 13 avril 2017 à 17h16]

Lorsqu’un médicament ne présente plus de rapport bénéfice-risque favorable, s’il entraîne des effets indésirables intolérables ou fatals, son retrait est nécessaire. Or dans le monde, cette décision se fait souvent attendre. Au détriment de la santé des patients. Pour les rédacteurs de la Revue Prescrire, il faudrait prévenir ces situations en testant davantage les molécules avant de les autoriser.

Au total, 462 médicaments ont été retirés du marché pour effets indésirables disproportionnés dans le monde entre 1953 et 2013. Les raisons ? Des effets mortels pour 25% d’entre eux, une hépatotoxicité (18%), des réactions auto-immunes (17%), une neurotoxicité (16%), une cardiotoxicité (14%), une hématotoxicité (11%) et des abus et dépendances (11%). Restent 13% correspondant à d’autres motifs, non précisés.

Toutefois, ces retraits n’ont pas eu lieu immédiatement après les observations de ces effets indésirables. Loin de là. « Le délai médian du retrait était d’environ 10 ans après la mise sur le marché d’un nouveau médicament », soulignent les rédacteurs de la revue Prescrire. Et « sur les médicaments retirés pour effets indésirables mortels, 38% l’ont été dans l’année suivant la première mort imputée au médicament, 15% dans les deux ans, et 47% après plus de 2 ans ».

Une évaluation plus rigoureuse de la balance bénéfice-risque

Certes, « les retraits du marché pour effets indésirables mortels sont devenus plus rapides au cours du temps depuis les années 1950 », admettent les rédacteurs de Prescrire. « Mais surtout parce que les effets indésirables ont été connus plus précocement : les autorités pour leur part ne sont pas plus réactives. »

Pour améliorer la situation et prévenir les décès et les autres conséquences néfastes sur la santé des patients, « une évaluation rigoureuse des nouveaux médicaments sur le plan des bénéfices et des risques » est nécessaire, notent-ils. « Et moins de précipitation pour les autoriser et les commercialiser éviterait aux patients des expositions inutiles et dangereuses. »

A noter : la situation dépend largement de la région concernée. Ainsi, le nombre de retraits a été le plus élevé en Europe comparé aux autres continents, et le plus bas en Afrique.

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