Emballages alimentaires : le danger des huiles minérales ?

09 mai 2017

Notre alimentation, souvent composée de nombreux produits transformés et emballés, peut-elle nous rendre malade ? Les huiles minérales, des substances présentes dans les encres et adhésifs des emballages alimentaires, inquiètent depuis peu les scientifiques. L’Anses publie une mise au point sur leur utilisation et recommande de limiter l’exposition des consommateurs à ces substances.

Présentes dans les encres ou les adhésifs des emballages alimentaires en papier et carton, les huiles minérales (MOH) sont « des mélanges complexes issus du pétrole brut constitués d’hydrocarbures saturés d’huile minérale (MOSH) et d’hydrocarbures aromatiques d’huile minérale (MOAH) », explique l’Anses. Elles peuvent donc « migrer vers les aliments ». Mais quel risque induit l’absorption de ces substances pour la santé humaine ?

Dans un avis de 2012, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) considérait déjà « l’exposition aux MOSH comme préoccupante et l’exposition aux MOAH comme particulièrement préoccupante ». Elle soulignait « la nécessité d’établir de nouvelles valeurs toxicologiques de référence pour ces catégories spécifiques d’hydrocarbures d’huile minérale ». En France, l’Anses publie ce 9 mai 2017, une nouvelle expertise en la matière.

Réduire l’exposition aux huiles minérales

« Une meilleure connaissance de la composition des mélanges est un prérequis avant de pouvoir proposer des recommandations d’ordre toxicologique », estime l’Anses. Laquelle recommande également « la réalisation d’études de toxicité supplémentaires menées sur des mélanges représentatifs de MOSH auxquels le consommateur est exposé ». Mais également sur « la contamination des denrées alimentaires par les MOH provenant des emballages en papiers et cartons recyclés ».

Dans l’attente de ces résultats, l’Agence conseille la prudence. « Compte tenu du caractère génotoxique et mutagène mis en évidence pour certains MOAH, [elle] estime qu’il est nécessaire de réduire la contamination des denrées alimentaires par ces composés en priorité ». Pour les emballages les plus exposés, en papier et en carton, il est recommandé d’« utiliser des encres d’impression, colles, additifs et auxiliaires technologiques exempts de MOAH dans le procédé de fabrication [de ces emballages] ». Ou alors d’utiliser des « barrières permettant de limiter la migration [de ces substances] vers les aliments ». Comme par exemple grâce à l’« application de divers revêtements agissant comme telles (PET, acrylate, polyamide etc.) directement sur les emballages ».

  • Source : Anses, 9 mai 2017

  • Ecrit par : Dominique Salomon - Edité par : Vincent Roche

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