En finir avec les traumatismes du passé…

22 octobre 2012

Comment vivre après un événement traumatisant comme un crash aérien par exemple, qui s’est soldé par la mort de plusieurs victimes… et auquel on a soi-même survécu ? Entre troubles de stress post-traumatique et complexe de culpabilité envers les victimes, il arrive parfois que les survivants souffrent pendant des années, voire des décennies. Les explications du Pr Charles Siegfried Peretti, psychiatre et chef de service aux hôpitaux de Saint-Antoine et Tenon, à Paris.

« Les survivants d’un crash aérien ont été témoins de scènes d’horreur, dans un contexte de menace vitale immédiate. Cette situation extrêmement traumatique va provoquer un état de stress aigu », nous explique-t-il. Crises d’angoisse, troubles du sommeil, flashbacks, cauchemars, troubles cognitifs… Autant de symptômes qu’ils vont subir pendant à peu près un mois. « Au-delà », indique notre spécialiste, « ils vont présenter un état de stress post-traumatique avec exactement les mêmes symptômes. Si le phénomène persiste trois mois et n’est pas pris en charge, cet état pourra perdurer des années, et prendre la forme d’une pathologie chronique. » Il n’est pas rare non plus, que ce type de situation aboutisse à l’installation d’une dépression ou d’addictions.

La culpabilité, un ennemi indomptable

A ce stress persistant, à ces troubles handicapants au quotidien va se superposer un sentiment de culpabilité : ‘je m’en suis sorti, mais pourquoi moi ?’ « C’est un sentiment très paradoxal. La personne concernée verra son image d’elle-même se détériorer, alors qu’elle n’est évidemment pas responsable de ce qui s’est produit. Mais en réalité, ce sentiment apparaît logiquement dans la dynamique mentale du travail de deuil ». Le problème, c’est que pour certains survivants ces symptômes vont perdurer. « Ce sentiment de culpabilité va rester collé aux symptômes du stress post-traumatique ». Et ceci d’autant plus que ce stress n’aura pas été pris en charge de façon adéquate.

« Ces patients doivent être pris en charge par des équipes spécialisées. Et cela, même des années après un traumatisme. Il n’est pas normal par exemple que la victime d’un accident survenu il y a des décennies souffre encore. » Car ainsi que le souligne le Pr Siegfried-Peretti, il existe aujourd’hui des centres de consultation spécialisé dans le suivi de ces drames. Il est indispensable de faire appel à eux.

  • Source : Interview du Pr Charles Siegfried-Peretti, 17 octobre 2012

Destination Santé
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