Endométriose : à Lyon, une technique révolutionnaire pour soigner sans opérer

13 avril 2026

En France, une femme sur dix en âge d'avoir des enfants souffre d'endométriose. Pour celles dont la maladie atteint l'intestin — un cas sur cinq — le traitement chirurgical était jusqu'ici particulièrement lourd. Une équipe lyonnaise vient de changer la donne, grâce à une technique qui soigne sans scalpel, sans cicatrice et sans hospitalisation prolongée.

L’endométriose est une maladie chronique dans laquelle des cellules semblables à celles qui tapissent l’intérieur de l’utérus se développent en dehors de celui-ci. Elle provoque des douleurs parfois très intenses, plus perceptibles lors des règles, des rapports sexuels… Dans 1 cas sur 5, l’atteinte se développe sur les intestins, le colon, le rectum, ce qui engendre des diarrhées, une constipation, d’impérieux besoins d’aller à la selle…

Une chirurgie lourde

Jusqu’à récemment, le traitement de référence pour l’endométriose digestive consistait en une opération chirurgicale de 4 à 6 heures, au cours de laquelle le chirurgien retirait ou rasait les lésions. Une intervention aux conséquences sérieuses : difficultés urinaires, risque élevé de fistule, et dans près d’un cas sur deux, pose temporaire d’un anus artificiel pendant plusieurs mois. Une épreuve physique et psychologique considérable pour les patientes.

Des ultrasons ciblés, efficaces en quelques minutes

A Lyon (Rhône), l’idée est venue du Dr Gil Dubernard, gynécologue à l’hôpital de la Croix-Rousse, de détourner un appareil initialement conçu pour traiter le cancer de la prostate — le Focal One®, développé avec l’INSERM et la société EDAP-TMS — pour l’appliquer à l’endométriose.

Le principe repose sur les ultrasons focalisés de haute intensité, ou HIFU (High Intensity Focused Ultrasound). L’appareil diffuse ces ondes par voie rectale, directement sur les lésions pour les détruire de l’intérieur. Résultat : zéro scalpel, zéro cicatrice, zéro stomie.

« Le traitement ne dure que quelques minutes et a pour objectif de dévitaliser la lésion endométriosique, explique le Dr Gil Dubernard. Les patientes quittent l’hôpital quelques heures après le traitement, avec une réduction rapide des douleurs et sans altération de leur fertilité. »

A noter : après des études menées sur plus de 140 patientes entre 2015 et 2024, démontrant une efficacité et une tolérance excellentes, le traitement HIFU a obtenu la norme CE en mars 2025. Les Hospices civils de Lyon sont aujourd’hui le premier centre au monde à proposer ce traitement en routine.

  • Source : Hospices civils de Lyon

  • Ecrit par : Vincent Roche – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous offrir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre quelles sections du site Web vous trouvez les plus intéressantes et utiles.

Plus d'informations sur notre politique de cookies sur nos CGU.

Aller à la barre d’outils