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Comment se libérer de la jalousie dans le couple ?

27 mai 2026

« La jalousie constitue un motif de consultation fréquent ou est un sujet souvent évoqué lors de celle-ci », constate Sébastien Garnero, docteur en psychologie clinique et sexologue. Etat des lieux d’un sentiment parfois trop envahissant voire menaçant pour le couple.

Telle qu’elle lui est exposée par ses patientes et patients, « la jalouse apparaît souvent en lien avec un autre terme : l’infidélité », précise Sébastien Garnero. Une infidélité, réelle ou supposée…

Plusieurs formes

Ce spécialiste distingue différentes formes de jalousie :

– celle « normale », comme il l’a qualifie, avant d’expliquer : « nous n’avons pas forcément envie que la personne aimée soit convoitée ou puisse partager son intimité avec une autre ». Une jalousie « souvent ponctuelle » et « qu’on peut dépasser » ;

– une autre « que l’on pourrait qualifier de pathologique avec des formes obsessionnelles ». Celle-ci peut s’avérer envahissante, sur fond de « ruminations mentales », à partir d’éléments qui peuvent être réalistes ou surinterprétés ;

– une dernière forme « plus grave et plus sévère » … Sébastien Garnero parle ainsi de « paranoïa » et de « troubles passionnels ». Il poursuit : « ces personnes vont développer ce qui ressemble à un délire, sur la base des soupçons absolument infondés ». Une forme susceptible de conduire à des drames et qui selon lui, « relève souvent du trouble de la personnalité ».

Faible estime de soi, insécurité…

D’une manière générale, la jalousie peut traduire un vécu en lien avec « des problématiques narcissiques, des altérations de l’estime de soi ou des troubles de l’attachement lors de l’enfance », recense Sébastien Garnero. Lequel ajoute « des traumatismes nés d’expériences passées d’infidélité et de ruptures douloureuses ».

Assumer pour consulter

En termes de prise en charge, si des formes relatives à un délire paranoïaque nécessitent un suivi psychiatrique, des thérapies brèves centrées sur nos difficultés présentes, à l’image de celles dites cognitivo-comportementales peuvent être indiquées pour traiter une jalousie pathologique voire obsessionnelle. Mais bien souvent « la première difficulté reste de convaincre la personne jalouse de consulter, car bien souvent elle rechigne à assumer », argumente-t-il.

Thérapies et… groupes de parole

Le docteur en psychologie cite également le cas des « thérapies de l’attachement, focalisées elles, sur le vécu et donc les problématiques autour du lien mère-enfant ou père enfant ». Il ajoute enfin l’efficacité des groupes de paroles. « Ils constituent un excellent levier pour aider les personnes concernées à prendre conscience qu’ils souffrent d’une pathologie. Car c’en est une », insiste Sébastien Garnero. Et de regretter que « cela se pratique encore trop peu en France. En tout cas hors milieu institutionnel comme un hôpital de jour ».

  • Source : Interview de Sébastien Garnero, 21 mai 2026

  • Ecrit par : David Picot - Edité par Emmanuel Ducreuzet

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