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Telle qu’elle lui est exposée par ses patientes et patients, « la jalouse apparaît souvent en lien avec un autre terme : l’infidélité », précise Sébastien Garnero. Une infidélité, réelle ou supposée…
Ce spécialiste distingue différentes formes de jalousie :
– celle « normale », comme il l’a qualifie, avant d’expliquer : « nous n’avons pas forcément envie que la personne aimée soit convoitée ou puisse partager son intimité avec une autre ». Une jalousie « souvent ponctuelle » et « qu’on peut dépasser » ;
– une autre « que l’on pourrait qualifier de pathologique avec des formes obsessionnelles ». Celle-ci peut s’avérer envahissante, sur fond de « ruminations mentales », à partir d’éléments qui peuvent être réalistes ou surinterprétés ;
– une dernière forme « plus grave et plus sévère » … Sébastien Garnero parle ainsi de « paranoïa » et de « troubles passionnels ». Il poursuit : « ces personnes vont développer ce qui ressemble à un délire, sur la base des soupçons absolument infondés ». Une forme susceptible de conduire à des drames et qui selon lui, « relève souvent du trouble de la personnalité ».
D’une manière générale, la jalousie peut traduire un vécu en lien avec « des problématiques narcissiques, des altérations de l’estime de soi ou des troubles de l’attachement lors de l’enfance », recense Sébastien Garnero. Lequel ajoute « des traumatismes nés d’expériences passées d’infidélité et de ruptures douloureuses ».
En termes de prise en charge, si des formes relatives à un délire paranoïaque nécessitent un suivi psychiatrique, des thérapies brèves centrées sur nos difficultés présentes, à l’image de celles dites cognitivo-comportementales peuvent être indiquées pour traiter une jalousie pathologique voire obsessionnelle. Mais bien souvent « la première difficulté reste de convaincre la personne jalouse de consulter, car bien souvent elle rechigne à assumer », argumente-t-il.
Le docteur en psychologie cite également le cas des « thérapies de l’attachement, focalisées elles, sur le vécu et donc les problématiques autour du lien mère-enfant ou père enfant ». Il ajoute enfin l’efficacité des groupes de paroles. « Ils constituent un excellent levier pour aider les personnes concernées à prendre conscience qu’ils souffrent d’une pathologie. Car c’en est une », insiste Sébastien Garnero. Et de regretter que « cela se pratique encore trop peu en France. En tout cas hors milieu institutionnel comme un hôpital de jour ».

Source : Interview de Sébastien Garnero, 21 mai 2026

Ecrit par : David Picot - Edité par Emmanuel Ducreuzet
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