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Paru aujourd’hui 27 mai et portant sur l’année 2025, le bilan annuel de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) confirme la tendance : les ventes de tabac poursuivent leur baisse. Les volumes écoulés dans le réseau des buralistes ont diminué de 8,2 % par rapport à 2024 (-7,1 % en moyenne par an entre 2017 et 2024). Les départements frontaliers (Nord, Pas-de-Calais, Ardennes) sont moins concernés par ce recul.
Les ventes de cigarettes et de tabac à rouler reculent en 2025 par rapport à 2024 (-8,7 % et -9,6 % respectivement), à un rythme légèrement inférieur à celui de l’année précédente.
C’est le tabac à chauffer qui baisse le plus fortement (-22,9 %) et, dans une moins mesure, les cigares (-2,4 %).
Certains produits tirent leur épingle du jeu : les autres tabacs à fumer (narguilé, pipe, à tuber, blunts…) sont en progression de 5,8 %.
Entre 2024 et 2025, le recours à l’aide au sevrage continuait de progresser. Cette dynamique se reflétait dans la hausse des ventes et des remboursements de traitements de substitution nicotinique (+7 % ; 9,7 millions de ventes en « équivalents mois de traitement »), portée d’abord par les formes orales, puis par les timbres transdermiques (patchs).
Dans le détail, les ventes de substituts sous forme orale ont continué d’augmenter (+8,2 % en « équivalents mois de traitement »), en tête des substituts nicotiniques (63,2 % des ventes en 2025, contre 55,7 % en 2019), devant les patchs (+5,2 %) et, à la marge, les médicaments Zyban (bupropion) et Champix (varénicline, de nouveau disponible depuis 2025).
Les remboursements par l’Assurance maladie des traitements d’aide à l’arrêt du tabac ont augmenté : en 2025, 1 197 657 personnes en ont bénéficié, soit +1,2 % par rapport à 2024, selon l’OFDT.
En parallèle, la fréquentation des dispositifs d’aide à l’arrêt augmentait également, notamment les lignes d’écoute : environ 61 000 appels traités par les tabacologues de Tabac Info Service en 2025, soit + 5,2 % par rapport à 2024.
Malgré la baisse des volumes, le chiffre d’affaires du tabac atteint 18,4 milliards d’euros en 2025. Il reste quasi stable depuis 2017 (+ 0,2 % par an). Après les hausses de 2024, les prix évoluent peu en 2025 : le paquet de cigarettes de la marque la plus vendue est passée de 12,54 € à 13 €, tandis que celui du tabac à rouler de la marque la plus vendue est resté stable à 23,90 €.
Pour mémoire, en 2024, moins d’un adulte sur cinq (18-75 ans) déclarait fumer quotidiennement, un niveau historiquement bas. Chez les adolescents, le tabagisme reculait nettement depuis quinze ans : 5,6 % de fumeurs quotidiens chez les lycéens en 2024, contre 30,8 % en 2010. En parallèle, le marché du vapotage est en forte croissance. En 2023, 6,1 % des adultes vapotaient quotidiennement, contre 2,7 % en 2022. Chez les lycéens, cette proportion atteignait 6,8 % en 2024, contre 3,8 % en 2022.
S’agissant de la réduction des risques et du sevrage tabagique, la littérature scientifique souligne les bénéfices potentiels de la cigarette électronique comme outil d’aide à l’arrêt chez certains fumeurs adultes. A la condition qu’il s’agisse d’un vapotage exclusif ! La simple réduction de la consommation de tabac n’est pas considérée comme une stratégie efficace, les dommages étant davantage liés à la durée d’exposition qu’à la quantité fumée. Concernant le vapotage chez les jeunes, les données scientifiques suggèrent un risque d’entrée dans le tabagisme chez les non-fumeurs, même si les recherches se poursuivent. À l’adolescence, le vapotage est également associé à des effets négatifs sur la santé, notamment respiratoires.

Source : Tabagisme et arrêt du tabac en 2025 (27 mai 2026) communiqué de presse et rapport complet (Douchet Marc-Antoine, OFDT ISBN : 978-2-488392-23-5) ; Baromètre de Santé publique France (Pasquereau et al., 2025) ; Lindson N, et al. Electronic cigarettes for smoking cessation. Cochrane Database Syst Rev. 2025 Nov 10;11(11):CD010216 ; Becker TD, Rice TR. Youth vaping: a review and update on global epidemiology, physical and behavioral health risks, and clinical considerations. Eur J Pediatr. 2022 Feb;181(2):453-462.

Ecrit par : Hélène Joubert ; Édité par Emmanuel Ducreuzet