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Tabac : les ventes en baisse mais le vapotage en hausse

27 mai 2026

En amont de la Journée mondiale sans tabac, ce dimanche 31 mai 2026, l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) publie aujourd’hui son bilan annuel sur le tabagisme : les ventes de tabac poursuivent leur baisse, à l’inverse des traitements de substitution nicotinique, de plus en plus vendus et remboursés.

Paru aujourd’hui 27 mai et portant sur l’année 2025, le bilan annuel de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) confirme la tendance : les ventes de tabac poursuivent leur baisse. Les volumes écoulés dans le réseau des buralistes ont diminué de 8,2 % par rapport à 2024 (-7,1 % en moyenne par an entre 2017 et 2024). Les départements frontaliers (Nord, Pas-de-Calais, Ardennes) sont moins concernés par ce recul.

La baisse du tabac traditionnel se confirme en 2025, d’autres produits résistent

Les ventes de cigarettes et de tabac à rouler reculent en 2025 par rapport à 2024 (-8,7 % et -9,6 % respectivement), à un rythme légèrement inférieur à celui de l’année précédente.

C’est le tabac à chauffer qui baisse le plus fortement (-22,9 %) et, dans une moins mesure, les cigares (-2,4 %).

Certains produits tirent leur épingle du jeu : les autres tabacs à fumer (narguilé, pipe, à tuber, blunts…) sont en progression de 5,8 %.

+ 7 % des ventes de substituts nicotiniques

Entre 2024 et 2025, le recours à l’aide au sevrage continuait de progresser. Cette dynamique se reflétait dans la hausse des ventes et des remboursements de traitements de substitution nicotinique (+7 % ; 9,7 millions de ventes en « équivalents mois de traitement »), portée d’abord par les formes orales, puis par les timbres transdermiques (patchs).

Dans le détail, les ventes de substituts sous forme orale ont continué d’augmenter (+8,2 % en « équivalents mois de traitement »), en tête des substituts nicotiniques (63,2 % des ventes en 2025, contre 55,7 % en 2019), devant les patchs (+5,2 %) et, à la marge, les médicaments Zyban (bupropion) et Champix (varénicline, de nouveau disponible depuis 2025).

Les remboursements par l’Assurance maladie des traitements d’aide à l’arrêt du tabac ont augmenté : en 2025, 1 197 657 personnes en ont bénéficié, soit +1,2 % par rapport à 2024, selon l’OFDT.

En parallèle, la fréquentation des dispositifs d’aide à l’arrêt augmentait également, notamment les lignes d’écoute : environ 61 000 appels traités par les tabacologues de Tabac Info Service en 2025, soit + 5,2 % par rapport à 2024.

Des prix du tabac qui restent stables

Malgré la baisse des volumes, le chiffre d’affaires du tabac atteint 18,4 milliards d’euros en 2025. Il reste quasi stable depuis 2017 (+ 0,2 % par an). Après les hausses de 2024, les prix évoluent peu en 2025 : le paquet de cigarettes de la marque la plus vendue est passée de 12,54 € à 13 €, tandis que celui du tabac à rouler de la marque la plus vendue est resté stable à 23,90 €.

Le vapotage, un outil à l’arrêt lorsqu’il est exclusif, sans produit du tabac

Pour mémoire, en 2024, moins d’un adulte sur cinq (18-75 ans) déclarait fumer quotidiennement, un niveau historiquement bas. Chez les adolescents, le tabagisme reculait nettement depuis quinze ans : 5,6 % de fumeurs quotidiens chez les lycéens en 2024, contre 30,8 % en 2010. En parallèle, le marché du vapotage est en forte croissance. En 2023, 6,1 % des adultes vapotaient quotidiennement, contre 2,7 % en 2022. Chez les lycéens, cette proportion atteignait 6,8 % en 2024, contre 3,8 % en 2022.

S’agissant de la réduction des risques et du sevrage tabagique, la littérature scientifique souligne les bénéfices potentiels de la cigarette électronique comme outil d’aide à l’arrêt chez certains fumeurs adultes. A la condition qu’il s’agisse d’un vapotage exclusif ! La simple réduction de la consommation de tabac n’est pas considérée comme une stratégie efficace, les dommages étant davantage liés à la durée d’exposition qu’à la quantité fumée. Concernant le vapotage chez les jeunes, les données scientifiques suggèrent un risque d’entrée dans le tabagisme chez les non-fumeurs, même si les recherches se poursuivent. À l’adolescence, le vapotage est également associé à des effets négatifs sur la santé, notamment respiratoires.

  • Source : Tabagisme et arrêt du tabac en 2025 (27 mai 2026) communiqué de presse et rapport complet (Douchet Marc-Antoine, OFDT ISBN : 978-2-488392-23-5) ; Baromètre de Santé publique France (Pasquereau et al., 2025) ; Lindson N, et al. Electronic cigarettes for smoking cessation. Cochrane Database Syst Rev. 2025 Nov 10;11(11):CD010216 ; Becker TD, Rice TR. Youth vaping: a review and update on global epidemiology, physical and behavioral health risks, and clinical considerations. Eur J Pediatr. 2022 Feb;181(2):453-462.

  • Ecrit par : Hélène Joubert ; Édité par Emmanuel Ducreuzet

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