











Accueil » Santé Publique » Et si le goût du risque était déjà inscrit en nous ?
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C’est un vaste sujet auquel se sont attaqué des chercheurs de l’Université de Zürich : pourquoi certains d’entre nous prennent-ils des risques, en conduisant trop vite, en changeant souvent d’emploi, en abusant de l’alcool ou du tabac… Alors que d’autres, non ? Cette différence est-elle d’ordre génétique ? Se manifeste-t-elle par des variations de la structure cérébrale ? Est-elle innée ou acquise par l’éducation, l’environnement, les événements de la vie ?
Vaste sujet, donc, objet d’une grande étude basée sur les données génétiques et les scanners cérébraux de plus de 12 000 Britanniques, âgés de 40 à 69 ans. Le premier travail des chercheurs a été d’établir un indicateur global de tolérance au risque, inspiré de comportements auto-déclarés. Critères retenus : tabagisme, alcool, conduite au-dessus des limites de vitesse et promiscuité sexuelle (avoir des activités sexuelles avec plusieurs partenaires, simultanément ou successivement).
L’équipe de l’Université de Zürich s’est ensuite intéressée aux scanners cérébraux, et particulièrement au volume de matière grise, la partie du cerveau où siègent les neurones, qui prennent en charge les opérations mentales, le stockage des informations ou la prise de décision. Chez les personnes présentant des scores élevés de tolérance au risque, le volume de matière grise était significativement plus faible, ont noté les chercheurs.
Ils ont également observé qu’il n’y avait pas une seule « zone à risque » dans le cerveau, mais plusieurs. Déjà connu pour son implication dans les réactions émotionnelles rapides, le rôle de l’amygdale est confirmé. L’équipe a également observé que l’hippocampe (mémoire) et certaines zones du cervelet (jusque-là connu pour son rôle dans l’équilibre) étaient également activés lors d’une prise de décision risquée.
Les chercheurs ont ensuite voulu déterminer s’il existait un « gène de la prise de risque », comme il existe des gènes de prédisposition à certaines maladies. Après avoir établi une mesure de la variation génétique et élaboré un « score de risque », ils ont conclu que celui-ci était corrélé à la réduction du volume de la matière grise dans l’amygdale, l’hippocampe et le cervelet.
En d’autres termes : il y aurait bien un lien entre gènes, anatomie du cerveau et comportement. Mais selon les calculs de l’équipe, ces différences de matière grise n’expliqueraient que 2,2% de la disposition génétique à un comportement à risque. La réponse est donc aussi à chercher du côté des facteurs familiaux ou environnementaux. Des études supplémentaires sont donc nécessaires pour établir plus finement les liens de cause à effet entre tous ces facteurs.
Source : Nature Human Behavior, 28 janvier 2021
Ecrit par : Charlotte David - Edité par : Emmanuel Ducreuzet
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