Extension vaccinale : lutter contre la désinformation

[05 janvier 2018 - 12h37] [mis à jour le 05 janvier 2018 à 12h41]

« Rendre notre système de Santé plus audacieux ». C’est par cette phrase que la ministre en charge de Santé, Agnès Buzyn, a débuté, ce 5 janvier, sa conférence de presse dédiée à la stratégie vaccinale en France. Elle est ainsi largement revenue sur le passage de 3 à 11 vaccins obligatoires pour les enfants, fustigeant par la même certaines campagnes de désinformation.

« Une bonne couverture vaccinale est un enjeu de Santé publique », insiste Agnès Buzyn. « Avant 1945, la diphtérie était responsable de plus de 3 000 décès par an en France. Aujourd’hui, grâce à la vaccination, la pathologie a quasiment disparu de l’Hexagone. Même chose pour le tétanos, nous sommes passés de plusieurs centaines de cas en 1946 à 5 aujourd’hui… ».

Pour la ministre, il est donc urgent de rattraper le retard qu’accuse la France en termes de couverture vaccinale pour certaines pathologies (comme pour la rougeole par exemple, pour laquelle la couverture varie de 89 à 91% alors qu’elle devrait être de 95% pour une protection collective efficace).

Pas plus d’injections !

Dans la mesure où « il n’existe pas de vaccins contre la théorie du complot », précise Agnès Buzyn, « nous devons renforcer l’information. » Un exemple ? Non, « le passage de 3 à 11 vaccins ne sera pas synonyme de plus d’injections », comme peuvent le dénoncer certains groupes. En fait, « si votre enfant est né à partir du 1er janvier 2018, il recevra dix injections jusqu’à l’âge de deux ans, comme c’est le cas aujourd’hui pour la plupart des enfants ». Dans le détail :

  • Trois injections pour une vaccination complète qui protège contre six maladies, (la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite) ainsi que la coqueluche, l’Haemophilus influenzae de type B et l’hépatite B ;
  • Deux pour une vaccination complète contre trois maladies, le RRO, qui protège contre la rougeole, la rubéole et les oreillons;
  • Trois pour une vaccination complète contre le pneumocoque ;
  • Deux injections pour une vaccination complète contre les infections à méningocoque de type C.

Ce renforcement de l’information passera entre autres par des campagnes à large échelle mais aussi l’envoi d’outils pédagogiques aux professionnels de santé et à ceux de la petite enfance. Objectif, pour répondre plus efficacement aux questions des parents (par exemple en ce qui concerne l’intérêt des adjuvants…).

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