Faut-il aller au bout de ses fantasmes ?

[13 juillet 2017 - 13h36] [mis à jour le 17 juillet 2017 à 10h19]

A en croire la sagesse populaire, réaliser ses fantasmes, c’est s’exposer au risque d’être déçue. Qu’en est-il réellement ? 

Tout comme nous devrions balayer nos a priori sur ce que devraient être nos fantasmes, balayons les idées préconçues sur ce  que nous devrions en faire. Voilà en substance le message de la psychanalyste Sophie Cadalen dans son passionnant et décomplexant ouvrage « Rêves de femmes ». En effet, que de pressions exercées par la société, notre partenaire et nous-même sur un domaine qui ne devrait pourtant obéir à aucune généralité, aucune règle. Exception faite de ce qui relèverait de la déviance, chacune devrait pouvoir s’autoriser à faire ce que bon lui semble de ces scénarii plus ou moins réalistes qui lui traversent l’esprit.

Pour y voir plus clair, Sophie Cadalen conseille d’ailleurs de remplacer la question « Faut-il ou non réaliser mon fantasme ?» par d’autres questions : « Ai-je vraiment envie de le réaliser ? », « Est-ce l’idée qui surtout m’excite ? », « Serais-je frustrée si concrètement je ne faisais rien de ce fantasme ? ». L’essentiel est de se laisser aller, de se respecter, de s’écouter et d’écouter ses désirs. Il n’y a pas de bonne ni de mauvaise réponse. Réaliser ses fantasmes ne rend pas meilleure ou pire amante.

Un point de départ

L’envie de passer à l’acte est bel et bien là, mais elle est muselée par la crainte que la réalité ne soit pas à la hauteur ? Un striptease préparé dans les moindres détails, des fantaisies sadomasochistes, une balade coquine en forêt peuvent effectivement tourner au fiasco. Ou du moins ne pas du tout prendre la tournure imaginée. Mais le plaisir, ou les éclats de rire, peuvent tout de même être au rendez-vous. Le secret pour ne pas être déçue ? « Mettre en acte ses fantasmes est satisfaisant si je les considère comme une source d’inspiration et que j’admets mon ignorance dans la suite des événements », précise Sophie Cadalen.

Et qu’en est-il des fantasmes de l’autre ? Faut-il forcément y accéder ? Là encore, la réponse de la spécialiste est claire : « je n’ai à me soumettre au fantasme de l’autre que si tout en moi réclame cette soumission. Si je m’y contrains par peur de perdre l’autre, ou parce que je me sens coupable de mon peu d’imagination, je n’en serai que plus malheureuse, et encore moins disposée à fantasmer. »

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