Voilà 50 ans que le combat contre les Mutilations Sexuelles Féminines (MSF) perdure dans le monde. Malgré les interventions menées à l’échelle internationale, la pratique de ce geste violent et discriminatoire constitue toujours un fléau majeur sur le continent africain, et dans une moindre mesure en Asie et en Europe. 

« A ce jour, les mutilations génitales ont fait 133 millions de victimes dans le monde », explique le Pr Sarah Abramowicz (Centre Hospitalier Delafontaine, Saint-Denis, Ile-de-France), auteur d’une récente étude sur le sujet. Cette pratique est illégale dans nombre de pays, mais « l’excision perdure dans plusieurs ethnies. »

« Si ce rituel du passage à l’âge adulte n’est pas respecté, des conséquences telles que l’exclusion sociale, la critique ou la stigmatisation sont à craindre pour les femmes. » Or cette pratique « viole les droits fondamentaux des filles et des femmes car elle les prive de leur intégrité physique et mentale », rappelle le Pr Sarah Abramowicz.

Une prévalence comprise entre 5% et 99%

« Ces ablations partielles ou totales des organes externes sont pratiquées dans 28 pays d’Afrique et du Proche-Orient, avec un taux de prévalence allant de 5% à 99% selon les pays. » Ce dernier dépasse les 90% à Djibouti, en Egypte, en Guinée et en Somalie alors que les mutilations n’affectent « que » 1% des filles au Cameroun et en Ouganda. Plus rarement, des victimes sont aussi répertoriées en Asie (Indonésie, Malaisie) ainsi qu’en Europe dans la population migrante. Au total, 53 000 femmes excisées vivent en France.

Les jeunes victimes sont moins nombreuses. Exemple à Djibouti (Corne de l’Afrique), 83% des femmes âgées de 42 ans à 49 ans sont excisées, contre 42% chez les 12-19 ans. Mais des efforts restent à faire pour protéger les plus vulnérables.

Faire évoluer les pratiques 

Dans la plupart des pays, les mutilations sont pratiquées par des exciseuses traditionnelles. En Egypte, au Kenya ou au Soudan en revanche, ce geste est réalisé par des professionnels de santé (infirmiers, sages-femmes, agents de santé). Ce qui n’empêche pas des conditions d’hygiène déplorables. En Egypte, « plus de la moitié des interventions menées par le corps médical l’ont été en dehors d’un établissement de santé, plus précisément à domicile, à l’aide d’une lame ou d’un rasoir. Une femme sur quatre n’a pas pu bénéficier d’une anesthésie ».

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